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AÏN TÉMOUCHENT

Détermination sans faille

Ils ont leur destin en main. Eux, ce sont les dizaines d’étudiants et d’étudiantes du centre universitaire Belhadj-Bouchaïb d’Aïn Témouchent qui sont sortis hier comme prévu pour crier leur ras-le-bol face à un système qui tente de se maintenir contre vents et marées. Les étudiants, conscients que leur révolution n’est qu’à son début, rejettent tout dialogue selon la version des tenants du pouvoir tant que les trois “B” sont toujours en place.

D’ailleurs, les slogans scandés tout au long de leur marche exigent le départ de l’actuel chef de l’État par intérim, son chef du gouvernement Bedoui qui traîne des casseroles en matière de fraude avec la fameuse collecte des millions de souscriptions de signatures au profit de la candidature de l’ex-Président de la République, ainsi que celui de Bouchareb, l’actuel président de l’APN par ‘‘effraction’’. ‘‘Rafidoun rafidoun li Bensalah rafidoun’’, ‘‘Rafidoun rafidoun, li Bedoui rafidoun’’, ‘‘Karamet ettaleb mes’oulyate eldjamie’’ (la dignité de l’étudiant, c’est l’affaire de tous), ‘‘Les étudiants, c’est l’essence même du mouvement, libres, ils prendront eux-mêmes leur décision’’. Les manifestants qui se sont dirigés directement vers leur lieu de prédilection, à savoir le parvis du siège de l’hôtel de ville situé au cœur d’Aïn Témouchent, ont aussi scandé des slogans favorables à l’armée épargnant au passage Gaïd Salah, chef de l’état-major de l’ANP.

Mais ils n’ont pas manqué non plus de lui adresser quelques messages qui en disent long sur leur prise de conscience quant à ses velléités à éluder les articles 7 et 8 de la Constitution qui consacrent le pouvoir au peuple. ‘‘Notre militantisme ne va pas nous coûter plus cher que notre silence. Donnez carte blanche à l’étudiant et c’est lui qui bâtira ce que vous avez détruit’’, lâchera l’un des marcheurs. Et un autre d’enchaîner : ‘‘Si on perd le savoir aujourd’hui ou demain, la patrie elle, si elle se perd, on ne pourra plus la récupérer et il n’y aura en fin de compte ni savoir ni savant.”       
 

M. LARADJ