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Deuxième congrès international sur l’immigration

Disparités et discrimination en terme d’emploi

Pourquoi les immigrants ont des difficultés à intégrer le marché du travail québécois ? Y a-t-il discrimination à l’embauche ? C’est à ces questions qu’ont tenté de répondre les participants au 2e congrès international sur l’immigration, l’intégration et l’inclusion (C4i) qui s’est tenu les mercredi et jeudi à HEC Montréal. La rencontre organisée avec la participation du Conseil interculturelle de la ville de Montréal (CIM) s’est penchée sur les difficultés rencontrées par les immigrants, notamment les nouveaux arrivants, à trouver un emploi à la hauteur de leurs compétences.
Lors de son allocution d’ouverture, le président du CIM et professeur à HEC, Belgacom Rahmani, a plaidé pour une véritable inclusion sociale qui passe, selon lui, par une intégration par l’emploi. Pour lui, le nouveau bureau d’intégration des nouveaux arrivants constitue une bonne avenue pour aider les immigrants à intégrer facilement le marché du travail québécois. Le président du congrès, Kamel Beji, a estimé que la question de l’intégration doit reposer sur une approche globale. Lors du panel d’ouverture consacré aux politiques publiques d’intégration socioéconomiques des minorités racisées, Myrlande Pierre, sociologue au CRIEC de l’Uqam (Université du Québec à Montréal), a mis en exergue la persistance des disparités et des inégalités dans le milieu du travail qui affectent encore les immigrants dans leur progression socioprofessionnelle.
L’oratrice a révélé ainsi une sous-représentation des immigrants dans le secteur public, au moment où leur nombre s’accroît d’année en année au sein de la population québécoise. Pourtant, ajoute Mme Pierre, cette sous-représentation, maintes fois décriée, nous renseigne que moins de 8,8% des employés de la Fonction publique sont issus de l’immigration, alors que 26% d’entre eux sont plus scolarisés que l’ensemble de la population.
La sociologue regrette que la loi sur l’équité en matière d’emploi ne soit pas en mesure d’endiguer ces disparités en matière d’employabilité. “Il y a une récurrence sur cet aspect, alors que les valeurs d’égalité et d’équité sont omniprésentes dans le discours politique et normatif”, a-t-elle affirmé. Pour sa part, Régine Alende Tshombokongo soutient qu’il subsiste encore des disparités dans l’administration publique.
Elle reconnaît au passage que des marqueurs socio-éthniques peuvent produire des situations d’inégalité. Éric Charest, professeur à l’École nationale d’administration publique (Enap) du Québec, a focalisé son intervention sur la représentativité des immigrants dans la Fonction publique québécoise.
L’intervenant a rappelé d’entrée de jeu que le gouvernement s’était fixé en 1999 l’objectif d’embauche globale de 25% pour les communautés culturelles, les anglophones et les autochtones au sein de l’administration. “Nous vivons dans une illusion d’égalité”, observe le conférencier qui suggère un renforcement des mesures d’accès à l’égalité et la participation citoyenne.
Par ailleurs, Patricia Rimok s’est intéressée au rôle du secteur privé dans l’intégration des immigrants. Selon l’intervenante, 70% des établissements et organismes publics ne comptaient aucun employé immigrant en 2013. Et quand bien même ils auraient un emploi, les immigrants ont du mal à atteindre des niveaux appréciables en matière de revenus. “Depuis 1981, les immigrants n’arrivent pas à atteindre un revenu équivalant à celui de la moyenne nationale, alors qu’ils sont plus diplômés”, déplore-t-elle, avant d’ajouter : “Quand un immigrant arrive à décrocher un emploi, il est souvent plus précaire, moins bien rémunéré et en dessous de ses compétences.” Beaucoup d’Algériens vivent cette situation, en effet.
Certains ont dû opter pour une réorientation professionnelle, en exerçant un métier qui n’est pas le leur. Selon les dernières statistiques
officielles, le chômage est de 7% pour l’ensemble de la population au Québec, tandis que plus de 15% des Maghrébins sont sans emploi. Plus de 100 000 Algériens vivent au Canada, concentrés essentiellement dans la grande région de Montréal.


Y. A.


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