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Célébration de Yennayer 2969 à Bordj Bou-Arréridj

Djaâfra en effervescence

La culture amazighe, un legs ancestral à transmettre aux générations futures. © D. R.

Le bal sera officiellement ouvert à la Maison de la culture de Djaâfra avec une conférence sur le patrimoine architectural amazigh en pisé et en pierre, notamment les casbahs et les ksour.

Le 12 janvier sera célébré Yennayer 2969. À l’instar des autres régions d’Algérie, la daïra de Djaâfra, avec ses 4 communes (El-Main, Teffreg, El-Colla et Djaâfra) prépare les festivités avec les associations des villages. Toute la daïra s’active à l’instar des autres régions de Bordj Bou-Arréridj à préparer la célébration de cette fête associée depuis la nuit des temps au calendrier agraire, mais aussi à l'accession du grand monarque amazigh Shisong (Chachnak) au trône des Pharaons. Cette année, le jour de l’an amazigh coïncide avec le 12 janvier du calendrier grégorien qui correspond, en 2019, à l’an 2969 du calendrier berbère.
À cet égard, de nombreux villages organisent “Lawzia” (Thimechret).
Cette année, le village d’Achabou, s’est, encore une fois, distingué par sa participation à un événement, qui, au-delà du partage et de l’entraide, va permettre une réunification des rangs et une communion. En cette deuxième semaine de janvier 2019, le village d’Achabou s’est paré de ses plus beaux atours. Ruelles et placettes sont nettoyées et toute la population est en effervescence. Ce sont les premiers indices indiquant qu’un événement de taille va s’y produire. Les femmes s’affairent à un nettoyage général de leur maison, en commençant par chauler l’intérieur puis l’extérieur.
Après ce “lifting”, vient le rituel très minutieux du changement des pierres qui forment “el-kanoun”, à savoir trois pierres que l’on dispose en  triangle en guise de trépied sur un trou creusé dans un coin de la maison, où l'on fait brûler du bois pour cuire des aliments ou se chauffer. Une opération renouvelée chaque année et à laquelle la population accorde une importance capitale, puisque les pierres de l’an dernier sont soigneusement enveloppées dans un morceau de tissu puis ensevelies dans la forêt voisine.
Le bal sera officiellement ouvert à la Maison de la culture de Djaâfra par une conférence sur le patrimoine architectural amazigh en pisé et en pierre, notamment les casbahs et les ksour, mais aussi les greniers collectifs appelés communément “igoudar”, gérés par le droit coutumier et un conseil administratif (thadjmaâth) qui se chargeait de la gestion et du contrôle de l'utilisation de ces sites et du village. Ces derniers ont un rôle de stockage des denrées alimentaires durant les périodes de famine et de sécheresse, ainsi que de défense des biens et des personnes durant les situations d’insécurité.
Concernant la rubrique “hommages”, la personnalité choisie pour cette année 2969 est le Dr Mokhtar Guissous, chercheur international dans le domaine des olives, de l’huile d’olive et de leurs dérivés, qui œuvre dans le social, la préservation du patrimoine amazigh et surtout le développement de ces régions montagneuses. Cerise sur le gâteau, la célébration de ce nouvel an ne se fera pas sans la présentation de plats spécialement préparés à cette occasion, notamment le couscous au poulet. La veille de Yennayer, à savoir dans la nuit du 11 au 12 janvier, les habitants de la région préparent ce plat traditionnel “imensi n yennayer”.
Une autre tradition consiste à préparer pour le déjeuner de Yennayer un plat appelé “isserkmen”, un met de choix confectionné avec tous les féculents de l’année dernière dont le blé, les fèves, les lentilles, les petit pois, les haricots et les pois chiches notamment, qui sont cuits tous ensemble dans une grande marmite avec de l’eau et du sel, et servi comme une soupe. Dans la soirée, les femmes s’activent à préparer “tighrifine” (crêpes) ou “sfenj” (beignets) tout en laissant la fumée de la cuisson se répandre dans la maison, une manière de chasser “lebaâbeche” (les mauvais esprits), selon une croyance païenne.
Des rites symboliques sont aussi légion parmi les villageois qui œuvrent à écarter la famine, augurer l’avenir, consacrer le changement et accueillir chaleureusement les forces invisibles auxquelles croyaient les anciens.
Le premier Yennayer, suivant la naissance d’un garçon, est d’une importance non négligeable. Le père effectue la première coupe de cheveux au nouveau-né et marque l’événement par l’achat d’une tête de bœuf. En attendant le jour J, toute la population de Bordj Bou-Arréridj est en effervescence. Le nouvel an amazigh a pris depuis deux ans une autre dimension et une grande importance chez les habitants de la wilaya.


Chabane BOUARISSA


 


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