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Il lui reproche des décisions visant à créer la confusion

Djerad tacle durement Bedoui

Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, lors de la présentation du plan du gouvernement hier à l’APN. © Yahia Magha/. Liberté

Le Premier ministre reproche également à l’ancien gouvernement d’avoir pris, en 2019, des décisions et des engagements qui ont atteint 1 000 milliards de dinars sans prévoir les financements nécessaires à leur couverture.

Le Premier ministre Abdelaziz Djerad n’a pas été tendre avec l’ancien Exécutif. Lors de la présentation, hier, du programme d’action du gouvernement devant l’Assemblée populaire nationale (APN), Abdelaziz Djerad a sévèrement taclé l’ancien Premier ministre Noureddine Bedoui, affirmant que certaines dispositions prévues dans la loi de finances 2020 “visaient à créer la confusion”.

L’actuel Premier ministre a annoncé avoir proposé au président de la République “la préparation d’un projet loi de finances complémentaire, en vue de traiter les dysfonctionnements contenus dans la loi de finances 2020”. M. Djerad a indiqué que dans le cadre du projet de loi de finances complémentaire 2020, “des dispositions fiscales injustes envers les salariés exerçant au Sud et certaines professions libérales seront annulées”.

Ces dispositions, qui étaient prévues dans la loi de finances 2020, visaient “à créer la confusion”, accuse le Premier ministre. Pour rappel, la loi de finances 2020 a réintroduit le régime de la déclaration contrôlée au profit des personnes exerçant des professions non commerciales, qui, dans leur majorité, sont soumises au régime de l’impôt forfaitaire unique (IFU). Les contribuables visés par ce régime devaient payer, entre autres, un impôt de 26% sur les profits réalisés au lieu de 12% sur les recettes brutes sous le régime de l’IFU. Cette disposition, qui a été annulée par la suite, avait suscité une levée de boucliers notamment chez les avocats. Concernant les salariés exerçant au Sud, la loi de finances 2020 n’a pas reconduit la réduction de 50% du montant de l’IRG accordée aux personnes physiques et exerçant dans certaines wilayas du sud du pays.

L’actuel gouvernement a rectifié le tir. En effet, suite aux instructions du Premier ministre, le ministre des Finances a saisi le premier responsable de la direction des grandes entreprises, les directeurs régionaux des impôts, ceux des impôts de wilaya et les inspecteurs régionaux des services fiscaux, les informant que “les dispositions de l’article 6 de la loi de finances 2000, modifiées et complétées, qui sont arrivées à terme le 31 décembre 2019, prévoyant un abattement de 50% applicables au titre des revenus soumis à l’impôt sur le revenu global (IRG) ou de l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS), selon le cas des personnes physiques ou morales résidant et exerçant une activité dans les wilayas d’IIlizi, de Tindouf, d’Adrar et de Tamanrasset, sont maintenues”.

Le Premier ministre Abdelaziz Djerad reconduit, ainsi, la réduction de 50% du montant de de l’IRG ou de l’IBS, en prévision de la régularisation de la situation dans le cadre de la prochaine loi de finances complémentaire, avec un effet rétroactif à compter du 1er janvier 2020.   

Une situation financière difficile 
Le   Premier  ministre  Abdelaziz  Djerad  reproche  également  à  l’ancien gouvernement d’avoir pris, en 2019, des décisions et des engagements qui ont atteint 1 000 milliards de dinars sans prévoir les financements nécessaires à leur couverture.  M. Djerad reconnaît que la situation financière du pays demeurait “fragile et tributaire des fluctuations du marché mondial du pétrole”. 

La baisse des prix du pétrole et des exportations des hydrocarbures a aggravé le déficit budgétaire. Le Premier ministre évoque aussi la hausse du déficit de la balance de paiement qui a atteint 10 milliards de dollars à fin 2019.

Il a fait état de la contraction des réserves de changes de plus de 17 milliards de dollars durant la même année. Le gouverneur de la Banque d’Algérie avait annoncé, il y a quelques jours, que les réserves de changes de l’Algérie avaient reculé pour atteindre 62 milliards de dollars. À fin avril 2019, les réserves de changes du pays étaient de 72,6 milliards de dollars, contre 79,88 milliards de dollars à fin 2018 et 97,33 milliards de dollars à fin 2017.

Le Premier ministre fait état de la hausse de la dette publique, “qui a atteint 45% du produit intérieur brut (PIB) contre 26% en 2017”. Le Premier ministre a promis une rupture avec “toutes les pratiques révolues dans la gouvernance politique et socioéconomique”, ayant mené, a-t-il relevé, à une “destruction méthodique des entreprises économiques et à la marginalisation de compétences”.  

Le gouvernement, a indiqué M. Djerad, “s'attellera à assainir cet héritage désastreux, à travers le lancement de nouvelles pratiques ouvrant la voie à un changement politique et économique auquel aspire le peuple algérien”. Le Premier ministre a parlé d’un nouveau pacte pour une nouvelle Algérie, “New deal”, qui sera concrétisé par “le triptyque, développement humain, transition énergétique et économie du savoir et du numérique”.

Évoquant les réformes financières, le Premier ministre indique qu’il n’est pas possible d’évoquer la réforme du système financier, sans le rétablissement des équilibres interne et externe, “à travers l'application des principes de la bonne gouvernance fiscale, budgétaire et financière, puis la mise en place d'un système national de statistiques économiques et sociales à même de rationaliser les politiques économiques et de permettre la prise de décisions judicieuse”.

Du coup, “la nouvelle politique fiscale sera orientée sur la lutte contre l'évasion fiscale et l'amélioration des taux de recouvrement fiscal, la lutte contre le phénomène de la surfacturation et de la fuite des capitaux, ainsi que sur l'exonération fiscale des revenus mensuels inférieurs à 30 000 DA”, a indiqué M. Djerad. 

La simplification du système fiscal qui sera au cœur de la réforme envisagée se traduira, a-t-il ajouté, “à court terme, par la suppression des taxes à faible rendement d’une part et, d’autre part, la révision du système des avantages fiscaux et parafiscaux ayant engendré, par le passé, de graves dérives”.
 

Meziane Rabhi

 



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