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A la une / Actualité

Sortie des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien

Donald Trump défie alliés et adversaires

Donald Trump, président des états-Unis d’Amérique, lors de l’annonce du retrait de l’accord. © DR.

La décision du président américain plonge le monde dans une incertitude totale quant à l’avenir des relations entre les USA et les autres pays signataires de l’accord.

L’annonce du retrait pur et simple des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien par Donald Trump met d’abord ses alliés européens dans l’embarras, en plus de la Russie et de la Chine, également engagées dans ce processus. C’est un véritable défi que lance le locataire de la Maison-Blanche à tous les signataires de cet accord, qui se sont tous entendus pour le sauver. “J’annonce aujourd'hui que les États-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien”, a déclaré, en effet, mardi soir, le président américain à la Maison-Blanche, tenant ainsi une promesse de campagne électorale de “démanteler” cet accord emblématique. “Aujourd'hui, nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge”, a-t-il martelé. Au nom de son slogan “America First” (l’Amérique d’abord), le président US, qui avait remis en cause plusieurs engagements multilatéraux de la première puissance mondiale, à commencer par l’accord de Paris sur le climat, choisit cette fois-ci l’option la plus radicale dans ce dossier. Ses menaces sont applicables “immédiatement” pour les nouveaux contrats, et d’ici au 6 août ou au
4 novembre pour les entreprises, y compris étrangères, déjà présentes en Iran, qui ont donc 3 à 6 mois pour en “sortir” avant d'être frappées par les mesures punitives leur barrant l’accès aux marchés américains.

Les Européens rejettent la décision
Les Européens “feront tout” pour que Téhéran respecte l’accord sur le nucléaire iranien, a réagi, hier, la chancelière allemande, Angela Merkel, tout en soulignant : “Nous allons respecter l’accord et nous ferons tout pour que l’Iran se tienne à ses obligations.” La chancelière a insisté sur le fait que ce texte constitue “un pilier qui n’aurait pas dû être remis en cause” par Donald Trump. Même son de cloche à Londres où le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a affirmé que les États-Unis ne doivent pas empêcher le bon fonctionnement de l'accord nucléaire actuel avec l’Iran, le qualifiant de “vital” pour la sécurité de son pays. “J’exhorte les États-Unis à éviter toute action qui empêcherait les autres parties de continuer à faire que l'accord fonctionne, dans l’intérêt de notre sécurité collective”, a déclaré, hier, le chef de la diplomatie britannique devant le Parlement. Les Européens vont “tout faire pour protéger les intérêts” de leurs entreprises en Iran “en intervenant auprès de l’Administration américaine” au niveau de l’Union européenne, a affirmé, hier, la présidence française. “L’Administration américaine a annoncé qu'elle prévoyait la remise en place progressive des sanctions américaines, avec une période transitoire de 90 ou 180 jours. Nous allons tout faire, en lien avec nos entreprises, pour défendre et protéger leurs intérêts et maintenir les effets incitatifs de l'accord. Nous allons traiter avec les États-Unis au niveau de l'Union européenne, pour des raisons politiques, pratiques et juridiques”, a précisé l’Élysée.

Téhéran menace et veut des “garanties réelles”
Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a exigé, hier, des Européens qu’ils donnent des “garanties réelles” à l'Iran pour lui permettre de rester dans l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien après le retrait des États-Unis. “Maintenant, on dit qu’on veut continuer l’accord nucléaire avec les trois pays européens, (mais) je ne fais pas confiance à ces trois pays (...). Vous voulez conclure un accord, obtenez des garanties réelles, car demain ils feront la même chose que ce que les États-Unis ont fait”, a déclaré Ali Khamenei lors d’un discours diffusé par la télévision d'État iranienne. La veille, le président iranien Hassan Rohani a offert aux autres parties de l’accord (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) une fenêtre de négociations pour sauver l’accord, tout en menaçant que l’Iran reprenne les activités d'enrichissement d'uranium qu'il a accepté de suspendre pour 15 ans par ce texte. Si les négociations montrent que “les intérêts du peuple iranien sont assurés (...), l’accord nucléaire restera et nous pourrons agir pour l’intérêt de la paix et de la sécurité de la région et du monde”, avait-il indiqué.

Inquiétude et déception à Moscou et à Pékin
Vladimir Poutine a exprimé, hier, lors d’une réunion avec les membres du Conseil de sécurité de Russie, son “inquiétude” après le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, a annoncé le porte-parole du Kremlin. “La situation (...) après l’annonce par les États-Unis de leur retrait de l’accord sur le nucléaire iranien a été abordée lors d’une discussion”, a déclaré Dmitri Peskov, cité par les agences de presse russes, précisant que les participants à cette réunion ont exprimé “leur inquiétude profonde” et “souligné encore une fois l’importance de ce document”. La veille, c’est le ministère russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, qui a dénoncé “une violation grossière du droit international”, tout en soulignant que la Russie est “profondément déçue” par la décision du président américain Donald Trump de retirer les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Selon Moscou, cette décision de Donald Trump “est une nouvelle preuve de l’incapacité de Washington de négocier” et les “griefs américains concernant l’activité nucléaire légitime de l’Iran ne servent qu'à régler les comptes politiques” avec Téhéran.
Hier, la Chine a appelé à sauvegarder l’accord, en dépit du retrait des États-Unis annoncé par le président Donald Trump, une décision que Pékin a dit “regretter”. Signataire de l’accord de 2015, la Chine “regrette la décision des États-Unis” et “appelle toutes les parties à agir de façon responsable en considérant le long terme et l’intérêt général”, a martelé Geng Shuang, porte-parole de la diplomatie chinoise. “Nous appelons toutes les parties à revenir dès que possible” au respect du texte, tandis que Pékin “poursuivra ses efforts pour préserver et appliquer l’accord”, a-t-il insisté lors d'une conférence de presse.

Riyad et ses alliés du Golfe applaudissent
L’Arabie saoudite et deux autres pays du Golfe ont très vite apporté leur soutien au retrait américain de l’accord nucléaire avec l’Iran, grand rival régional de Riyad, mais s’attendent à des contrecoups économiques et sécuritaires.
Riyad, qui n’a jamais caché ses réserves vis-à-vis de cet accord, a immédiatement applaudi l’annonce faite par le président Donald Trump, son grand allié.
“Le royaume soutient et salue les démarches annoncées par le président américain en vue d'un retrait de l’accord nucléaire (...) et du rétablissement des sanctions économiques contre l’Iran”, a indiqué le ministère saoudien des Affaires étrangères. Les Émirats arabes unis et Bahreïn ont emboîté le pas en saluant la décision du président américain. Même la Ligue arabe s’est mise de la partie en appelant à une révision de l’accord. “Il est nécessaire de réviser cet accord”, a déclaré le secrétaire général de l’organisation panarabe basée au Caire, Ahmed Aboul Gheit, exprimant “l’exaspération” des pays arabes face à la “politique déstabilisatrice” de l’Iran dans la région.


Merzak Tigrine

 


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Brahms le 13/05/2018 à 12h00

Les arabes se vendent les uns vis à vis des autres. L’Égypte ce n'est pas un pays fiable. En effet, leurs dirigeants attendent juste des aides des saoudiens, des israéliens et des américains en échange de services. Le Général Sissi a par exemple touché 12 milliards de dollars à titre de compensation financière (complot de Morsi) payés par les saoudiens et a aussitôt acheté des bateaux de guerre à la France avec des avions de combat Rafales.

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