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Dr Farès Kessasra sur les jeunes et l'environnement : "En Algérie, la famille ne remplit pas son rôle"

Photo : D.R

La Journée internationale du climat est célébrée chaque année le 8 décembre à travers le monde. Une occasion de réfléchir le futur de la planète. La Rédaction Numérique de "Liberté" a pris attache avec le docteur Farès Kessasra, Maître de conférences à l’Université de Jijel, organisateur du Think Tank "Les Lundis de l’environnement"(LDE), pour partager avec les lecteurs l'attitude des jeunes étudiants vis-à- vis de l'environnement.

Interview réalisée par Imène AMOKRANE

Liberté : La lutte contre le réchauffement climatique préoccupe-t-elle les jeunes algériens ?

Farès Kessasra : J’ai un avis assez mitigé. D’un coté je trouve qu’il y a une tranche de jeune, certes minoritaire, impliquée à travers le mouvement associatif dans des actions vertes fort intéressantes, une tranche assez dynamique, consciente et parfois très convaincue du fait, et d’un autre côté, la majorité d’entre eux ne se soucie guère de ce qui les entoure. Ce n’est guère propre à l’Algérie mais les jeunes du monde entier ont d’autres préoccupations afférentes à leur génération. Maintenant, il faudrait investir plus dans la première tranche, et bien gérer les efforts des formateurs et associations agréées pour éviter les déperditions. Consolider ce noyau, l’enraciner dans la société et mettre des moyens à leur disposition en sont des priorités judicieuses, l’effet domino se déclenchera s’il y aurait une vraie vision de sensibilisation adaptée à leur génération et leur rêve d’adolescent. Autrement dit, d’un noyau isolé on peut construire des souches et des cellules solides si l’environnement s’y prête.

 

Comment réagissent les jeunes face à la dégradation de l'environnement?

Ils se montrent conscients, concernés mais ils manquent de notions de base, de compréhension des processus de la nature, du climat, de l’eau …etc. Ils ne comprennent rien dans les accords de Kyoto, de Paris, et j’en passe. Ils n’arrivent pas à déchiffrer le langage des grands et des politiques. Ne nous leur demandons donc pas d’idées et d’implication, car l’idée, l’innovation et la créativité succèdent à la formation et la vulgarisation. Le problème est bien situé, la formation des jeunes aux enjeux et devenir du climat et de l’environnement fait défaut. Aujourd’hui, ils sortent en masse, mobilisés à coup de médias pour nettoyer des plages, demain, ils laisseront leur déchet sur la plage, je ne les en veux pas.

 

Sont ils bien informés sur le dérèglement climatique ?

Cela dépend de l’âge, de la région et d’autres facteurs. Les étudiants qu’on reçoit dans nos campus, en tout cas dans les filières des sciences de la terre et de l’univers, les sciences de la nature et de la vie sont directement concernées à travers les programmes du Ministère. Le nouveau socle des Licences, à portée nationale et appliqué depuis 3 ans, exige d’assurer des conférences en première année portant sur plusieurs thématiques s’y afférentes. J’assure deux conférences sur les changements globaux (dérèglement climatique) et l’eau et l’environnement et j’ai constaté que mes étudiants, nouveaux bacheliers, manquent terriblement de bases essentielles à la compréhension de chacun des phénomènes naturels incriminé par les scientifiques dans notre malheur quotidien (réchauffement de la planète, sécheresse, crue, glissement, biodiversité en déclin,…etc. ). Avant d’évoquer le trou d’ozone, il faudrait leur présenter les différentes strates qui constituent l’atmosphère et que la couche d’ozone, très mince, en fait partie. Avant de parler de sécheresse, de crue ou de pollution, on fait un détour par le cycle de l’eau (évaporation, ennuagement,  pluie, ruissellement, infiltration). La didactique et la pédagogie valent mieux que des campagnes de nettoyage à grandes pompes où l’étudiant passe à l’acte avant qu’il en soit convaincu, c’est là où se situe l’incohérence, et don l’échec à sensibiliser nos jeunes.

Les régions du Nord sont plus favorisées que les contrées lointaines du Sud, le centre est mieux loti en termes d’associations, d’écoles spécialisées, de spécialistes et d’évènements que l’Est et l’Ouest. Les disparités régionales en termes d’accès à la formation et au mouvement associatif en sont une réalité en Algérie.

 

Pensez-vous que l'école a un rôle à jouer dans la sensibilisation des jeunes aux enjeux environnementaux ?

En Algérie, la famille ne remplit pas son rôle à plus d’un égard. L’école a le fardeau d’éduquer et d’enseigner, les deux à la fois ce qui rend complexe la question de l’éducation en Algérie dès qu’on en parle. Partant de ce constat, l’école représente le noyau, du moins ce qui nous reste,  de la sensibilisation aux enjeux environnementaux, à travers des cours et des textes adaptés, des séances pratiques, des ateliers animés, des journées d’action, des échanges d’expérience…etc.  A titre d’exemple, je propose de baptiser au sein des écoles et des campus des halls, des amphis, des salles, des rues aux noms qui évoquent notre planète. Amphi Soleil, Salle des Océans, Hall de la biodiversité. On donnera une identité à nos espaces communs et c’en est qu’une didactique d’apprentissage parmi d’autres.

Imène AMOKRANE

@ImeneAmokrane

 

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Commentaires
1 réactions
népourêtrelibre le 09/12/2016 à 21h17

Dr Farès Kessasra sur les jeunes et l'environnement : "En Algérie, la famille ne remplit pas son rôle". Autrement dit, c'est le régime d'oujda qui ne remplit pas ses tâches dans tous les domaines. Remettre en cause la famille est une erreur... Déjà la famille est désorientée par les multiples problèmes auxquels est confrontée... J'appelle république tout État régi par des lois, sous quelque forme d'administration que ce puisse être. De Jean Jacques Rousseau.

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