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Conférence à Oran de Frédéric lApEyre, spécialiste de l’OIT

économie informelle : les bonnes pratiques pour en sortir


Dans le cadre des activités, l’Institut français d’Oran, en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie de l’Oranie (CCIO), a organisé, lundi, au siège de la CCIO, une conférence sur l’économie informelle en Algérie et dans le monde. Animée par Frédéric Lapeyre, un spécialiste de l’économie informelle au niveau de l’organisation internationale du travail (OIT), la conférence a évolué autour de la prévention contre les tentations informelles  de l’économie formelle. Elle a proposé un “guide des bonnes pratiques pour formaliser les activités de l’informalité”, selon le contenu de la recommandation 204 de l’OIT.
C’est, par ailleurs, cette recommandation “de bonnes pratiques” qui a été exposée longuement par Frédéric Lapeyre, expliquant alors que l’informalité, selon qu’on la qualifie d’économie informelle ou de secteur informel, est une réalité ancienne et qui préoccupe tous les pays. Par les chiffres, cet expert évoquera l’ampleur de l’informel qui englobe les “grands fraudeurs  souvent liés à la corruption aux milliers de personnes qui vivent au quotidien de l’économie informelle”.
Ainsi il dira que dans le monde, 70% des emplois hors agriculture sont dans l’informel. Par pays, la part de l’informel serait de 50% en Algérie, 30% en Turquie et jusqu’à 72% en Inde. Faisant référence à une étude de  Jacques Charrue en 2014, qui a travaillé sur la question de l’informel en Algérie, il ressort que la part de l’informel dans le secteur du commerce atteint les 31% et 29% dans la construction.
Les pays occidentaux ne sont pas en reste puisqu’on découvre ainsi que le 5e de la richesse créée en Europe provient de l’informel, et qu’elle atteint les 32% par exemple en Bulgarie.
Dans sa conférence, l’orateur a longuement évoqué les meilleurs voies et moyens pour pousser les acteurs de l’informalité (entreprises, auto-entrepreneurs et les milliers de petites activités) à aller vers la formalité, sachant que la diversité des cas rendait complexe “cette stratégie d’intégration globale” s’appuyant sur une politique volontaire à multifacettes.
Ainsi l’expérience algérienne de l’extension de la protection sociale a été évoquée comme étant intéressante, pour permettre aux employés non déclarés d’avoir accès à l’assurance maladie. La question de la fiscalité, des incitations fortes peuvent être aussi un moyen de convaincre les acteurs de l’informel.
“La formalisation ce n’est pas sanctionner, il faut dire que c’est un objectif de développement qui rendra la société plus stable, proposer des alternatives pour un modèle de croissance qui va créer des emplois décents”, expliquera l’expert, en insistant sur la nécessité du dialogue social avec l’ensemble de la société et des organisations.
Par ailleurs, Frédéric Lapeyre insistera sur certains aspects de l’informel qui a des corrélations importantes avec la circulation du “cash non contrôlé. Plus cette circulation est grande, plus il y a de la corruption”, plaidant alors pour l’introduction dans notre pays des transactions économiques.
Mais dans toutes ces mesures et autres politiques incitatives pour aller vers la formalité, l’intervenant évoquera comme préalable “la confiance dans le système, car il y a une dimension psychologique”.


D. LOUKil


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