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A la une / Actualité

La sortie de Bouteflika commentée sur les réseaux sociaux

Entre compassion, colère et dérision

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. ©D. R.

Les Algériens se sont lâchés, chacun à sa manière, sur les réseaux sociaux pour s’interroger sur le dessein que cachait la sortie d’un Président physiquement diminué.

Les images montrant le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, inaugurant, lundi, la mosquée Ketchaoua après sa restauration et la ligne du métro d’Alger reliant la place des Martyrs à Aïn Naâdja, ont suscité moult commentaires sur les réseaux sociaux. Dès le partage des premières images et vidéos qui montraient le chef de l’État affaibli, les Algériens se sont rués sur les réseaux sociaux pour exprimer à la fois leur compassion pour un Président qui répondait à peine aux acclamations auxquelles il a eu droit, mais aussi pour s’interroger sur le dessein que cachait la visite d’un Président qui n’avait pas les capacités physiques pour sillonner la capitale, quand bien même dans un fauteuil roulant et assisté par son entourage immédiat. De la colère et de la dérision aussi, tant les images parlaient d’elles-mêmes, et la grande majorité des Algériens n’approuvait guère l’opportunité de cette sortie.
“Tout ce bruit pour inaugurer une mosquée restaurée et une ligne de métro !”, a commenté un facebooker dès le partage de la première vidéo qui montrait M. Bouteflika entouré des ministres de l’Intérieur, de l’Habitat, des Affaires religieuses, des Travaux publics, de la Culture et du wali d’Alger. Le chef de l’État arrivait à peine à se focaliser sur le “public” qui l’acclamait à chaque fois qu’il tentait de faire un geste de reconnaissance. “J’ai beaucoup de mal à accepter les images vues aujourd’hui. J’ai beaucoup de peine pour mon pays et beaucoup de tristesse. Des images difficilement supportables qui, dans d’autres contrées, n’auraient certainement pas été diffusées. Vous avez décidé de nous humilier, mais l’Histoire retiendra que l'échec a été votre unique succès”, commentera un autre facebooker. “Choqué”, “dégoûté”, “j’éprouve une grande compassion pour lui”, les piques des commentateurs fusaient de partout, y compris des Algériens établis à l’étranger. On retiendra, entre autres, cette hésitation d’un facebooker à croire la véracité des images diffusées sur les chaînes de télévision et sur les réseaux sociaux. “C’est un montage, ce n’est pas possible ! Ils l’ont encore exhibé pour justifier le 5e mandat”, écrira une dame sur son mur. Il y avait même de la dérision sur certains postes, à l’image de ce facebooker qui écrivait : “Au contraire, moi je l’aime et je lui dois le respect ! N’oublions pas que c’est le président Bouteflika qui a élevé ta langue, notre langue au rang de langue nationale et officielle (…) Tout est fabriqué.” Un autre abonde dans le même sens en “suppliant” les autorités du pays “d’informer le monde quand le Président effectuera une autre sortie à Alger. La circulation routière a été fermée sur terre et même sous terre.” Celui-ci aura droit à une réponse aussi burlesque : “Athmane Ariouet a imaginé tout cela bien avant dans son film Carnaval fi dachra.” Commentant le décor planté ce jour-là, un autre facebooker a estimé que les pouvoirs publics “avaient oublié l’orge pour les chevaux. Et tout le monde serait satisfait de cet événement glorieux. Le but est de maintenir le régime en place et de faire croire au monde à un amour éternel entre le peuple et son Président. Quelle comédie ! L’Algérie ne mérite pas ça”.
Du reste, une dame a estimé qu’il n’y avait aucun Algérois parmi la foule qui acclamait le Président. “Ils ont ramené tous les clients du système. T’inquiète, ce n’est pas le peuple. À première vue, ce ne sont pas des Algérois, mais des fonctionnaires de différentes communes qui n’ont aucun pouvoir”, a-t-elle lancé. Dressant le bilan sur son mur, cet autre facebooker a estimé que “la sortie de Bouteflika à Alger, ce sont 90 voitures d’escorte, 43 motards bien armés, 3 ambulances, 10 fourgons avec 10 fauteuils roulants de secours (nouvelle génération), 50 000 policiers, 150 000 figurants, le métro fermé, les rues barricadées, l’air filtré, le vent détourné vers la Kabylie, les nuages dissipés et le soleil allumé. C’est la première séquence du nouveau film à Alger : ‘Le 5e mandat’”.

FARID BELGACEM


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1 réactions
Argaz le 11/04/2018 à 16h36

Tant que les tenants d’un système obsolète en pleine noyade ne se résolvent pas à passer le flambeau loyalement et honnêtement à la génération d’aujourd’hui, l’on continuera encore et toujours à se lamenter en trichant juste pour assouvir les instincts du clan au lieu d’édifier un Etat avec des institutions démocratiquement constituées.

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