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Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir étudier dans l’hexagone

Étudiants : l’exode massif

Des centaines d’étudiants devant l’Institut français d’Alger, dimanche dernier. ©D. R.

La plupart des postulants pour des études en France ont l’idée d’y rester à la fin de leur cursus universitaire.

L’immense file d’attente des étudiants venus passer le test de Campus France devant l’Institut français d’Alger, avant-hier, a suscité des commentaires et des lectures parfois surprenants. Des propos empreints de dépit, certains n’ont pas hésité à faire le lien entre cette ruée d’étudiants à la veille du 63e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954, pour insinuer que rien n’a été fait après l’indépendance au point de pousser les jeunes à aller passer le test de connaissance du français (TCF) dans l’espoir de s’inscrire dans une université française. Un lien qui se conjugue aussi avec l’état de l’université algérienne qui est en queue du peloton du classement mondial des universités. Un état déplorable, comme l’a décrit le professeur en sociologie, Nacer Djabi, lié à une multitude de scandales concernant le trafic de notes, le plagiat et une gouvernance bureaucratique de l’enseignement supérieur.Une image qui renvoie en fait à l’état de tout le pays qui cherche encore le chemin de l’essor économique alors que son héritage tombe en ruine pendant que les responsables politiques en sont encore à débattre frileusement du sort du “butin de guerre” avec parfois la complicité d’intellectuels organiques partagés entre Le Caire et Paris lançant des polémiques stériles et qui s’entredéchirent alors qu’ils sont attendus sur des dossiers plus utiles pour la collectivité nationale. C’est purement un détournement de débat et une occultation des vrais problèmes qui restent en suspens depuis l’indépendance. Et ce n’est pas tant ce flux inédit devant l’Institut français qui a fait le buzz, transformé en événement majeur l’anniversaire du 1er Novembre 1954 aidant, qui pose problème, mais qui plutôt pousse à une introspection pour retrouver les traces de toutes les mauvaises politiques mises en œuvre depuis 1962, retracer tous les ratages, les choix stratégiques catastrophiques, l’œuvre inachevée de l’indépendance ponctuée de tergiversations au point de dérouter tous les observateurs et experts.
Et le malaise a commencé à apparaître, il y a bien plus d’une vingtaine d’années, lorsque des jeunes prenaient d’assaut les bateaux à quai pour rejoindre l’autre rive de la Méditerranée. Phénomène qui s’est désormais généralisé avec les harragas. Avec la violence et la délinquance, la déperdition scolaire, les immolations par le feu et les suicides, tous les symptômes d’un profond malaise sont réunis dans un contexte national où seul l’islamisme rampant est toléré. Tous les ingrédients de l’étouffement sont réunis dans un pays où les responsables se gargarisent de discours “flatteurs et orgueilleux”, populistes souvent, vantant ses richesses que personne n’a vues. Des motifs favorables pour une explosion sociale ou l’exil par tous les moyens devant le décor sombre qui dessine la perspective d’avenir.
Et l’on se demande pourquoi choquent les images de ces centaines d’étudiants en file indienne devant l’Institut français, alors que les progénitures des hauts responsables de l’État sont déjà installées en France et ailleurs dans les biens immobiliers qu’ils ont acquis.

Djilali B.

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Commentaires
3 réactions
Brahms le 31/10/2017 à 13h03

C'est un échappatoire pour se sauver de la misère dans le but de ramasser de l'Euro sous couvert de statut d'étudiant puis ensuite de mariage afin de rester en France. Les gens sont vaccinés en France, ils connaissent toutes ces méthodes. Le système algérien ne produit que ça depuis 55 ans.

sendousse le 31/10/2017 à 15h56

Pourquoi veulent-ils tous partir ? Drôle de question.

ASSIL le 01/11/2017 à 8h06

Entre un enfant d'hier et un jeune de notre époque ,c'est tout le paradoxe ..... http://assil.co.nf/torture/

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