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Tizi Ouzou

Explosion de joie sur fond de révolution


Le coup de sifflet final de la rencontre qui a opposé l’équipe nationale à l’équipe sénégalaise, avant-hier soir, venait à peine d’être donné que l’angoisse, qui s’est emparée des millions de supporters des Verts durant tout le match, a cédé la place à une grandiose explosion de joie dans les rues de Tizi Ouzou. 

Le trophée n’avait pas encore été remis au capitaine d’équipe, Riyad Mahrez, qu’il était déjà quasi impossible de se frayer un chemin en ville. Avec l’impressionnant nombre d’écrans géants placés sur les places publiques et dans la plupart des quartiers de la ville, la rue était, à vrai dire, déjà occupée tout le temps qu’a duré cette rencontre. Ajouté à cela les cafés, les bars et autres magasins que les nombreux occupants ont vite fait de quitter au sifflet de l’arbitre pour transformer en joie et en euphorie le stress généré par les interminables assauts sénégalais, fort heureusement infructueux, subis par les Verts, notamment durant la seconde partie de la rencontre. Ainsi, en deux temps trois mouvements, une marée humaine a envahi le centre-ville qui a d’ailleurs été vite recouvert par un nuage de fumée provoqué par les feux d’artifice et autres fumigènes qui éclataient par milliers. Des scènes de liesse jamais vues depuis la qualification de l’Algérie aux huitièmes de finale du Mondial-2014. Dans certains cas, la joie était tellement intense qu’elle frôlait l’hystérie. D’immenses embouteillages n’ont pas tardé à se former tant la chaussée a été littéralement investie par les piétons qui, drapés dans le drapeau national ou l’étendard amazigh, allaient et venaient dans tous les sens. Il y avait surtout des hommes, mais pas seulement. Les femmes et les enfants étaient au rendez-vous pour partager la joie de cette célébration qui n’a, toutefois, pas tardé à prendre les allures d’une manifestation, lorsque les supporters commençaient à scander les mêmes slogans déjà entendus durant la marche qui a eu lieu quelques heures auparavant dans ce même centre-ville de Tizi Ouzou. Ainsi d’ailleurs, au fameux “One, two, three, viva l’Algérie”, on collait à chaque fois un “Gaïd Salah dégage”, “Bensalah dégage” ou “Système dégage”. Au centre-ville, tout comme à la Nouvelle-Ville, les supporters scandaient également inlassablement “Nehiwna el îssaba, nweliw Labes” et encore d’autres slogans souvent scandés dans les marches populaires depuis le 22 février. C’est dire que le sport et la politique se sont joyeusement côtoyés jusqu’au petit matin, donnant ainsi tout son sens au concept de “la révolution du sourire”. Une situation qui, à vrai dire, était prévisible avec tout ce qui s’écrit sur les réseaux sociaux. De nombreux slogans inscrits sur des pancartes brandies lors de la marche du 22e vendredi laissaient également facilement deviner à quel point la frontière entre la révolution populaire en cours et le football était ténue. En effet, sur de nombreuses pancartes, on pouvait lire des messages qui mêlaient intelligemment politique et football, à l’instar de celui-ci : “Merci l’équipe nationale de football civile et non militaire.”
 

Samir LESLOUS


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