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Le gouvernement face au front social

Finie la carotte, place au bâton


Finie la carotte, place au bâton. C’est ce que le pouvoir semble, désormais, vouloir faire entendre à tout corps protestataire qui voudrait faire valoir son droit de faire grève, pourtant consacré par la loi fondamentale du pays. Une volonté qui se manifeste clairement à travers la toute dernière décision d’exclure des centaines de médecins résidents — au moins 800, selon le Camra —,  et auparavant, soit en février dernier, par celle prise, même si elle sera par la suite annulée, par le ministère de l’Éducation, pour le licenciement de centaines d’enseignants adhérant au Cnapeste. Les secteurs de l’éducation et de la santé ne font pas l’exception.
Le ministère de la Défense nationale avait, pour sa part, fait montre d’une fermeté remarquable envers les retraités de l’armée et leur mouvement de protestation qu’il avait déclaré “illégal”. Le tort de ces corps respectifs ? Ils réclament, chacun de son côté, des droits purement socioprofessionnels. Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a nul autre reproche que pourraient leur faire leurs tutelles respectives. Ce qui suppose que celles-ci devaient, au pire, prendre à leur encontre des sanctions financières ou autres prévues par la loi, ou, au mieux, ouvrir un dialogue serein avec eux.
Si les sanctions, parfois abusives, sont généralement décidées aussitôt qu’un mouvement de grève est déclenché, le dialogue, le vrai, est, quant à lui, souvent renvoyé aux calendes grecques. Pis encore, c’est désormais le bâton qui est brandi à l’encontre de tous les récalcitrants. Ceci sans parler de la répression, recours quasi automatique du pouvoir à l’encontre de l’ensemble des mouvements de protestation. Pourquoi cette réponse par la sanction ? Le pouvoir a-t-il peur de l’effet tâche d’huile que pourraient provoquer ces mouvements, notamment en ces temps de crise économique ?
Ou bien appréhende-t-il une mutation de ces mouvements sociaux en mouvements politiques, lesquels menaceraient la pérennité du système ou, tout au moins, son agenda ? Aujourd’hui, tous les questionnements sont permis tant est que le pays traverse une crise multidimensionnelle sans précédent. Et le pouvoir en place semble plus que jamais aux abois. À telle enseigne qu’il ne s’accommoderait vraisemblablement d’aucune concession et voudrait, donc, étouffer dans l’œuf tout mouvement susceptible de mobiliser les masses.  Ceci, quand bien même le pouvoir a, en revanche, souvent brillé par ses voltefaces parfois contradictoires, même à sa propre volonté. Même si les décisions radicales ont souvent produit l’effet contraire de celui qui était escompté.
En témoigne l’épisode de ces enseignants qui avaient forcé la ministre de l’Éducation, Nouria Benghabrit, à revenir sur sa décision de les licencier. De même, la décision d’exclure les médecins résidents risque plutôt de renforcer davantage la détermination de cette “corporation” pour faire pression sur le département de Mokhtar Hasbellaoui afin de l’annuler. C’est, du moins, ce que promettent les délégués du Camra dont la plateforme de revendications est désormais élargie à la réintégration des 800 résidents exclus. Le bras de fer ne fait que (re)commencer…

Farid Abdeladim


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