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A LA UNE / Actualité

Un ancien haut responsable du parti parle de la présidentielle 2019

FLN : le jeu trouble de Saïd Bouteflika

Le SG du FLN, Djamel Ould Abbes, en discussion avec Saïd Bouteflika. © Zehani/Archives Liberté

Le conseiller et frère cadet du Président, Saïd Bouteflika, s’arrange à avoir plus d’un tour dans son sac, à mesure que l’échéance présidentielle de 2019 approche.

Après avoir pu s’imposer comme un acteur incontournable au Palais d’El-Mouradia, le frère et conseiller du Président, Saïd Bouteflika, passe, depuis quelque temps, pour celui qui tire les ficelles au sein du Front de libération nationale (FLN). Machine électorale par excellence, rodée et introduite dans l’ensemble de l’administration et des rouages de l’État, l’appareil de l’ex-parti unique est à même de constituer une obsession pour le frère cadet d’Abdelaziz Bouteflika, à mesure que l’échéance de la présidentielle de 2019 approche. Son contrôle aussi, donc. Et ce n’est pas forcément parce qu’il nourrirait l’ambition de succéder à son frère aîné, qu’il manœuvre à étendre son champ d’influence, comme on le soupçonne dans certains milieux. La raison première est que, nous confie un ancien haut responsable du FLN, “Saïd Bouteflika s’accommode bien des conditions actuelles, dans lesquelles il s’adonne au jeu du pouvoir”. Entendre qu’“il décide et détient une partie du pouvoir sans avoir à être comptable devant la classe politique et l’opinion publique”. Mais comme les choses ne peuvent demeurer en l’état et que le quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika tire à sa fin, considère notre interlocuteur, le frère et conseiller du Président s’arrange à avoir plus d’un tour dans son sac. L’option du cinquième mandat n’étant pas tranchée, principalement en raison des incertitudes sur l’évolution de l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika, le frère cadet ne veut être confronté à aucune mauvaise surprise. Et la mauvaise surprise peut, justement, survenir du parti majoritaire au pouvoir. On se rappelle d’ailleurs des circonstances dans lesquelles s’est déroulé le 10e congrès du FLN, fin mai 2015, et comment le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, avait dérogé à la règle de “neutralité” de l’armée, en adressant une lettre de félicitations à Amar Saâdani, plébiscité alors secrétaire général du parti. Des circonstances qui ont fait que les commandes du FLN allaient graduellement changer de main, avec notamment l’ascension fulgurante des Baha-Eddine Tliba, Mohamed Djemaï et autres notabilités qui constituèrent le fameux axe Annaba-El-Oued. Il aura fallu attendre octobre 2016 pour pousser, non sans résistance, Amar Saâdani à la démission, et voir le FLN revenir dans le giron présidentiel. Le choix porté sur Djamel Ould Abbes, un proche et fidèle de la famille Bouteflika, comme successeur, atteste des desseins du frère conseiller du Président. La feuille de route avec laquelle était venu Djamel Ould Abbes allait mettre à l’écart des instances dirigeantes du parti tous ceux connus ou soupçonnés de servir les ambitions d’autres cercles. Cependant, les manigances au sein du parti n’ont jamais cessé et les germes d’une machination bien orchestrée ont fini par remonter à la surface, lorsque, fin 2017, dans un premier temps, le député d’Annaba, Baha-Eddine Tliba, annoncera une prochaine coordination nationale pour un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Moins de deux mois plus tard, au début du mois en cours, il reviendra à la charge et annonce l’adhésion d’une pléthore de personnalités à son initiative, dont deux anciens Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Abdelaziz Belkhadem. La réaction de Djamel Ould Abbes fut aussi prompte que brutale. En installant la commission de discipline du parti au lendemain de la sortie publique du député FLN d’Annaba, Djamel Ould Abbes accusera un courant au sein de la maison de vouloir rééditer le scénario Ali Benflis de 2004. En clair, récupérer le FLN pour servir des ambitions autres que celles souhaitées par l’actuelle direction du parti, dans le cas où des événements inattendus viendraient compromettre le projet du cinquième mandat. Et c’est visiblement, estime notre source, ce que redoute le plus Saïd Bouteflika : voir le plan de succession, si jamais il y a nécessité, lui glisser entre les mains.     


Mehdi Mehenni

 


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