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Marche hebdomadaire des étudiants à Alger

Forte mobilisation

Marche des étudiants hier à Alger. © Yahia Magha/Liberté

C’est dans un contexte de reprise des arrestations des manifestants qu’a eu lieu, hier, la marche hebdomadaire des étudiants, conduite par Abdenour Aït Saïd, arrêté  à  la fin  de la marche de vendredi à Alger et placé samedi sous contrôle judiciaire.

Alger-Centre a encore vibré hier aux cris de liberté et démocratie. Des étudiants, accompagnés de nombreux citoyens, ont organisé leur 111e mardi de manifestation pour soutenir la révolution populaire et dénoncer le forcing du pouvoir, visiblement déterminé à mener jusqu’au bout de sa feuille de route politique, face à un Hirak qui s’est bonifié depuis un mois et demi et à une opposition démocratique qui a décidé de boycotter les législatives anticipées du 12 juin prochain. 

Le pacifisme a régné durant les trois heures de la marche qui a débuté, comme à l’accoutumée, de la place des Martyrs au cœur d’une capitale toujours quadrillée par la police, présente en force tout au long de l’itinéraire des marcheurs et survolée par un hélicoptère au bruit moins audible que les slogans scandés par des citoyens avides de liberté.

Habitués, eux aussi, aux tentatives répétées du pouvoir d’empêcher leurs marches, les manifestants ont commencé dès les premières heures de la matinée à se rendre individuellement à la place des Martyrs, où rien ne permettait de déceler le moindre signe d’une éventuelle mobilisation. 

C’est vers onze heures que le foule se regroupe et entame, d’un pas assuré, sa marche vers la place Audin, en passant par la rue Bab Azzoun, en contrebas de la Casbah, la rue Larbi-Ben M’hidi, avant de marquer une pause devant la stèle érigée à la mémoire de l’Émir Abdelkader, où journalistes, curieux et autres manifestants les attendaient sous un ciel et un soleil printaniers.

Pendant que les étudiants scandaient des slogans dénonçant la répression des autorités à l’encontre des manifestants et les arrestations opérées lors d’une nouvelle tentative de marche samedi matin à Alger, des sexagénaires et septuagénaires, très nombreux à prendre part à la manifestation, écharpes et emblèmes nationaux autour du cou, ont profité pour s’asseoir et reprendre leur souffle. 

D’autres, brandissant des pancartes et des portraits de détenus politiques et d’opinion, répétaient en chœur des chants jurant fidélité aux martyrs de la guerre de Libération nationale et aux idéaux du Hirak et dénonçant la visite du Premier ministre français, Jean Castex, ce samedi.

À mesure que le cortège progressait — sous le regard parfois admiratif des passants ayant l’air pressé — d’autres citoyens grossissaient ses rangs pour donner de la voix à des manifestants déterminés à  aller, eux aussi, jusqu’au bout de leur feuille de route : le départ du système en place. 

À chaque halte, devant des policiers bloquant certains axes, les étudiants réitèrent leur rejet des prochaines législatives et dénoncent les violations dont ont été victimes certains manifestants, à l’exemple de leur camarade Walid Nekkiche, dont le récit de ce qu’il a enduré a suscité une vague d’indignation.

C’est vers 14h30 que la foule a commencé à se disperser dans le calme, promettant davantage de mobilisation à l’approche des législatives anticipées du 12 juin prochain.
 

Lyès MENACER

 


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