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Il a animé samedi une conférence à Montréal (Canada)

François Paré : “L’État ne doit pas discriminer les langues maternelles et officielles”

© D.R.

L’artifice juridique de la hiérarchisation linguistique est un piège, il ne travaille pas l’émancipation des langues. C’est ce qu’a déclaré le Dr François Paré, professeur à l’université de Waterloo, en Ontario. Lors d’une conférence animée samedi à Montréal à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, l’expert linguiste invité par la fondation Tiregwa a estimé qu’un État qui décide de conférer un statut officiel à une langue a la responsabilité de mobiliser tous les moyens pour promouvoir la diversité linguistique. “Vous voyez bien le cas du Canada. Le pays a deux langues officielles, l’anglais et le français ; il n’y a formellement aucune hiérarchisation entre les deux langues. L’égalité linguistique doit être garantie par les pouvoirs publics par des politiques gouvernementales incitatives”, a-t-il dit, en avouant, cependant, que sur le terrain de la pratique, il y a encore des progrès à faire, notamment pour la langue de Molière dans le Canada anglais. Interrogé sur le cas de l’Algérie qui a introduit, récemment, à la faveur de la révision constitutionnelle, l’officialisation de tamazight, le conférencier y voit une avancée indéniable, même s’il dit ne pas croire du tout à toute espèce de hiérarchisation linguistique. “Tamazight, qui a maintenant une tradition d’écriture établie, a les moyens de se pérenniser aujourd’hui dans un contexte de globalisation économique, où les langues minorées et minoritaires risquent de disparaitre tout simplement”, soutient l’intervenant. Abordant la transmission de la langue maternelle dans un contexte d’immigration, M. Paré croit que la responsabilité des parents est engagée, plus que celle des institutions publiques. “Il y a là tout un défi à relever”, reconnaît-il.
Selon l’universitaire, quelque 2 000 langues risquent de disparaître dans le monde. En revanche, il se montera optimiste, s’agissant de la langue berbère, dans la mesure où, d’après lui, avec 40 millions de locuteurs et l’intervention des États dans sa prise en charge, dans l’enseignement par exemple, il n’y a pas de risques qui pèsent sur tamazight.
Tamazight est enseignée à Montréal par l’école Inas et à Ottawa par l’organisme Acaoh.
À Ottawa, c’est le ministère provincial de l’Éducation qui est impliqué dans cet enseignement, tandis que dans la métropole québécoise, la prise en charge est assurée par du bénévolat et du mécénat associatifs. Depuis 2000, le 21 février a été proclamé par l’Unesco Journée internationale de la langue maternelle. Cette journée est célébrée pour promouvoir la diversité linguistique et culturelle. “La date du 21 février a été choisie en hommage aux étudiants tués par la police à Dacca (aujourd’hui capitale du Bangladesh), alors qu’ils manifestaient pour que leur langue maternelle, le bengali, soit déclarée deuxième langue nationale du Pakistan de l’époque”, précise l’organisation internationale dans un document.


Y. A.


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