Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Alors que le projet de loi est remis aux calendes grecques

Gestion de la publicité publique : le chantage persiste

La presse algérienne, en général, et la presse écrite, en particulier, traversent une zone de turbulences qui risque de s’inscrire dans la durée si le projet de loi sur la publicité ne venait pas à être promulgué. Annoncé par plusieurs ministres de la Communication sous l’ère du président Bouteflika, ce texte de loi est, à chaque fois, remis aux calendes grecques par les gouvernements qui se sont succédé pour pouvoir exercer la pression et le chantage sur les éditeurs hostiles aux orientations institutionnelles, allant jusqu’à la fermeture des titres de presse sous l’asphyxie financière et le licenciement des journalistes et des personnels assimilés. Ce constat est d’autant plus édifiant quand on sait que plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) ont, récemment, relevé que la liberté d’expression en Algérie est sérieusement menacée de toutes parts. Le 24 avril dernier, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) avait affirmé que “les autorités continuent à verrouiller le paysage médiatique à travers l’étranglement financier des médias” et que les journalistes et les médias peinent à remplir leur mission sous pression économique et judiciaire. La messe est dite, la liberté d’expression, synonyme de “menace” et d’“hostilité” pour le gouvernement, est ainsi assujettie à la ligne de conduite que voudrait imposer sournoisement et/ou ouvertement le gouvernement algérien aux titres de presse. L’exemple le plus criant est celui de la presse écrite. Des enveloppes bien garnies sont régulièrement distribuées à certains titres de presse qui respectent “la ligne éditoriale” du pouvoir politique, y compris des titres de presse qui tirent à peine la moitié de la gâche (nombre suffisant de 4 000 exemplaires pour synchroniser les couleurs), c’est-à-dire près de 2 000 exemplaires, et ce, au risque que les projets annoncés dans les avis d’appel d’offres ne soient pas visibles, ce qui constituerait un manque à gagner pour les entreprises et l’économie nationale. Cette manne publicitaire est, par ailleurs, orientée aux supports audiovisuels qui se démultiplient, y compris aux médias offshore. Une manière comme une autre pour le gouvernement qui voudrait afficher sa sincérité et sa volonté quant à la bonne répartition des richesses pour la presse nationale. Sachant que l’Agence nationale d’édition et de publicité (Anep) ne génère plus comme dans les années précédentes les mêmes bénéfices, le nombre d’insertions se rétrécit comme une peau de chagrin et, pour mieux étouffer les titres de presse, le gouvernement découvre une “issue de sortie” et justifie l’“étranglement déguisé” des médias. Du simple monopole de l’Anep à la gestion clientéliste de la manne publicitaire, l’avenir de la presse est plus que jamais menacé. Au jour d’aujourd’hui, plusieurs titres de la presse écrite n’arrivent même pas à honorer les salaires de leurs journalistes, d’autres croulent sous le poids des dettes et risquent de disparaître du paysage médiatique algérien, alors que les clients arrosés par l’Anep payent à peine certaines charges, parfois même pas l’imprimerie. Du coup, seule la promulgation du projet de loi sur la publicité pourrait être salvatrice pour définir le cadre réglementaire et libérer la plume du chantage financier.

FARID BELGACEM

ARTICLES CONNEXES

  • LE 3 MAI CÉLÉBRÉ DANS UN CONTEXTE POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE DIFFICILE
    Presse : L’étouffement continue

    Presse : L’étouffement continue

  • Il invite la presse à un rôle de contrôle et à demander des comptes
    L’exhortation inopportune de Bouteflika

    L’offre de collaboration formulée dans le message présidentiel ne peut se concevoir dans l’état actuel de la relation entre la presse et le pouvoir.

  • Autorité de régulation de la presse écrite
    Le chef d’État fait l’impasse

    Contrairement à son dernier message adressé aux médias où il exhortait le gouvernement à accélérer la mise en place de l'autorité de régulation de la presse écrite, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika(...)


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER