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A la une / Actualité

Après les élections sénatoriales

Guerre de tranchées entre le FLN et le RND

Tout en affichant une unité de façade lors de leur soutien au maintien du chef de l’État et donc du système, le RND et le FLN se livrent à une guerre de positionnement sans merci. Les deux “grands partis” de la majorité présidentielle se déchirent publiquement et la tenue des élections sénatoriales n’a en réalité que confirmé une lutte de clans au sein du pouvoir.
À l’origine du conflit, deux postes de sénateurs. À Alger, alors que, mathématiquement, le FLN avait la majorité des élus, c’est un candidat du RND, l’homme d’affaires et membre du bureau fédéral de la FAF, Bachir Ould-Zemirli, qui remporte le siège. Les responsables du FLN s’offusquent et en privé, on crie au scandale. On estime que le responsable local du RND a “acheté” des voix des élus du FLN. Par télévisions interposées, on montre même des factures d’achat de biens pour certains élus.
Le nom du responsable du RND n’est pas cité publiquement. Mais pour certaines voix au sein du FLN, la cible est bien désignée. “Au RND, nous n’utilisons pas d’argent sale”, a fini par répliquer le porte-parole du RND, Seddik Chihab.
Le poste de la capitale étant définitivement revenu au RND, une bataille acharnée s’est tenue à l’ouest du pays. À Tlemcen, le responsable local du parti d’Ahmed Ouyahia a été gravement blessé. Tout au long de la journée, des batailles rangées avaient marqué le scrutin du 29 décembre dernier. “Laissons les choses se tasser”, a commenté un Ouyahia, dépité, au sortir d’une réunion avec les cadres de son parti. “Personne ne se réjouit de la défaite”, ajoutera le Premier ministre, qui précisera que son parti “accepte les résultats”. Le résultat de Tlemcen a été annulé. Le scrutin sera refait, ce jeudi. Mais lors du décompte global, la pilule est difficile à avaler. Selon le Conseil constitutionnel, le FLN a obtenu
31 sièges sur 47, tandis que les candidats du RND n’ont gagné que dans 9 wilayas. Cette annonce a poussé les élus locaux du RND à sortir dans la rue pour manifester dans plusieurs régions. Puis, la direction de leur parti a même demandé le gel de leurs activités en signe de protestation contre ces résultats. Silencieux depuis le début de l’affaire, le FLN a fini par répliquer. “C’est une victoire méritée”, a précisé le vieux parti dans un communiqué, non signé, diffusé hier sur la page facebook officielle du parti.
Les rédacteurs du document intitulé “notre position”, font allusion à un “mauvais perdant” qui justifie sa défaite par “la victoire des autres”. Mais en réalité, le résultat, “jamais égalé depuis la création” du Conseil de la nation, il y a 22 ans, ne fait que “confirmer la place du leader du FLN”, note le texte comme pour narguer le frère ennemi du RND. Le résultat de cette élection est “le choix de la stabilité”, indique encore le document. Ces incidents ont été interprétés comme le résultat de la guerre que mène, depuis quelques mois, le ministre de la justice, Tayeb Louh, au Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Les deux hommes se livrent une bataille de tranchées, même si, officiellement, la direction du FLN a décidé de ne pas se mêler de l’affaire. Il reste juste à savoir quel impact aura cette crise sur le déroulement de la campagne pour l’élection présidentielle.


Ali Boukhlef


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