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Tout en appelant à l’élection d’une assemblée constituante

Hanoune invite Bouteflika à “rendre la parole au peuple”

©Louiza Ammi/Archives Liberté

“Si le Président (Abdelaziz Bouteflika, ndlr) veut tenir sa promesse faite en 2012, c’est-à-dire celle de vouloir laisser une Algérie calme et épanouie, il doit rendre la parole au peuple algérien pour définir la forme et le contenu des institutions qu’il veut. Ce qui passe par la mise en place d’une instance indépendante pour l’élection d’une assemblée constituante.”
La déclaration est de Louisa Hanoune. Elle a été tenue dans un entretien accordé avant-hier au média électronique TSA (version arabe). La patronne du PT s’en prend, en outre, à ceux qui réclament, même avant l’heure, l’option d’un cinquième mandat pour le président Bouteflika. Pour elle, personne parmi les acteurs politiques ayant “chanté” cette option, notamment lors de la campagne électorale pour les récentes élections locales, “ne sait quoi que soit sur ce sujet”. Et d’ajouter : “Ces clairons parlant du cinquième mandat n’ont été mandatés par personne.” Connue jusque-là pour avoir toujours été tendre avec Bouteflika même si elle reste foncièrement opposée à certains membres, anciens et actuels, de l’Exécutif, cette sortie sonne, on ne peut plus clairement, comme un appel à Bouteflika pour lâcher le pouvoir qu’il accapare depuis bientôt deux
décennies.
Néanmoins, Mme Hanoune refuse de l’exprimer en ces termes. Pour elle, le danger émane plutôt du “mélange de l’argent et de la politique”, allusion faite à l’influence du patronat sur l’Exécutif. Pour étayer ses propos, elle rappelle le rejet par le retrait au Parlement de l’impôt sur la fortune, (ISF), proposé par le gouvernement dans le cadre de la loi de finances 2018. Elle regrette dans la foulée que “le système sert, depuis fin 2014, exclusivement une petite catégorie de nouveaux riches en Algérie”. Mme Hanoune alerte également sur la lutte des clans au sommet de l’État, menée notamment par les deux partis au pouvoir, le FLN et le RND. Cette lutte, dit-elle, est liée à la présidentielle de 2019. Elle met aussi en garde sur les menaces qui viendraient de l’étranger. Elle cite, notamment, les “demandes” du président français Emmanuel Macron. Pour faire face à ces menaces qui planent sur la souveraineté de l’État, la patronne du PT juge qu’une décision politique s’impose.
“Il faut une décision politique parce que notre pays est ciblé de l’intérieur et de l’extérieur”, a-t-elle insisté, non sans faire l’éloge des “lectures géostratégiques très précises” que ferait le président Bouteflika”. “Le Président fait des lectures géostratégiques très précises, mais pour que l’État résiste aux pressions étrangères, telles que les réclamations d’Emmanuel Macron représentant un danger sur notre souveraineté sécuritaire et économique, il doit ordonner des mesures devant immuniser l’Algérie”, a-t-elle suggéré à Bouteflika. Par ailleurs, la porte-parole du PT appréhende une forte tension sociale courant 2018, en ce sens, dit-elle, que les questions sociales et de démocratie se rencontrent. Ce qui, avertit-il, risque de donner lieu à un embrasement et à un dérapage vers l’anarchie imprévisible.

Farid Abdeladim


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