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Hocine Aït Ahmed : le message-testament

“Je n’imaginais pas que cinquante ans plus tard nous en serions encore à nous battre pour défendre notre simple droit à exister”, écrit le désormais ex-président du FFS.

Les travaux du 5e congrès du Front des forces socialistes (FFS) ont démarré avant-hier, à Zéralda. Ils ne prendront fin que cet après-midi. Plus de 1 000 militants sont conviés à l’occasion pour élire une instance présidentielle en remplacement de Hocine Aït Ahmed qui quitte définitivement la présidence du parti. Absent au congrès pour cause de fatigue amplifiée par “un voyage éprouvant au Maroc”, le désormais ex-président du FFS a transmis un message qui s’apparente à un testament qu’il remit entre les mains de la nouvelle équipe. “Des moments semblables sont déterminants pour chaque être humain (…) invité à se dépasser lui-même en s’accordant avec son prochain”, écrivait l’ancien responsable de l’Organisation spéciale (l’OS) pour évoquer ce moment d’émotion, ce dernier instant qui lui reste à la tête du FFS et passé, à cette occasion, le flambeau à une nouvelle génération de militants. Pour lui, “certains répondent à l’invitation de l’histoire et se hissent au-dessus de leurs calculs étriqués pour être à la hauteur du moment”. Une phrase lourde de sens que “le dernier des Mohicans” rappelle tel un leitmotiv qui doit animer les nouveaux responsables pour répondre à l’exigence du moment et éviter ainsi de céder, “comme d’autres, à la facilité, aux manipulations, aux illusions de l’instant…” “C’est vrai, a-t-il reconnu, que les moments de passage sont parmi les plus difficiles à traverser mais ils sont aussi parmi les plus passionnants à vivre.” Il rappelle que le FFS est né dans le giron de la guerre pour l’Indépendance pour que cette dernière “s’accomplisse dans la démocratie, dans le respect des libertés, dans le respect de la justice sociale, dans le respect du pluralisme politique et culturel, fondateurs du mouvement de libération nationale”. Dda l’Hocine évoque dans son message une régression dans la lutte. “Je n’imaginais pas que cinquante ans plus tard, nous en serions encore à nous battre pour défendre notre simple droit à exister.” “Pour le FFS, patriotisme et démocratie sont inséparables”, précise-t-il, avant d’ajouter que son parti “a d’abord dû lutter pour empêcher qu’on piétine la démocratie au nom du patriotisme pour ensuite se battre pour empêcher qu’on piétine le patriotisme au nom de la démocratie”. “Fonder des institutions légitimes et un État de droit qui en assure le respect, le bon fonctionnement et la pérennité” est, de l’avis d’Aït Ahmed, “le socle sur lequel le reste pourra être construit”. “Nous devons être unis sur cela pour pouvoir diverger démocratiquement sur le reste”, a-t-il plaidé. Pour apporter encore une fois son soutien aux militants, après avoir annoncé officiellement son départ du parti, Si l’Hocine estime que “ce congrès est important”, puisque c’est “à celui-ci que je me retire de la présidence du parti”, a-t-il dit, avant d’avouer que “j’aurais voulu, j’aurais pu ou dû, ou pas su, le faire plutôt (…) mais voilà, l’histoire se fait pendant que nous apportons notre modeste contribution à son déroulement”.
À propos des décisions susceptibles d’être prises par le congrès, Aït Ahmed apporte son soutien en annonçant qu’il a “suivi de près chacune des étapes de la préparation du congrès”. Et de souligner qu’il a “scrupuleusement respecté la décision, prise en concertation avec la direction du parti, d’impliquer au maximum, et à toutes les étapes, l’encadrement du parti et de ses militants dans sa mise en œuvre”, d’où la possibilité d’affirmer, sans le risque de se tromper, que l’option d’un directoire collégial a toutes les chances d’aboutir, maintenant que le soutien de chef charismatique est étalé. On évoque d’ores et déjà les noms de Mohand Amokrane Cherifi, élu, par ailleurs, président du congrès, Rachid Hallet, Karim Bahloul, Salima Ghozali. Ali Laskri pourrait aussi faire partie de cette instance. On évoque aussi les noms d’Ahmed Djeddaï et de Me Bouchachi, pressentis pour figurer parmi ce comité présidentiel. Selon Ali Laskri, 40% des congressistes sont des jeunes militants. Sur les 1 044 congressistes, 216 femmes y figurent. Les travaux ont continué, hier, durant toute la journée. Les militants du FFS ont débattu des amendements des textes du parti. L’option d’une instance présidentielle pour le parti a été longuement débattue. Il était aussi question du projet et positions politiques du parti. Un sujet que les militants présents au chapiteau de l’hôtel Mazafran ont évoqué. Des propositions d’enrichissement du projet de résolutions présentées par la commission de préparation du congrès ont eu lieu. Notons, enfin, que Mouloud Hamrouche, ami du parti, ne s’est pas présenté avant-hier à Zéralda.


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