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A la une / Actualité

Mme Djerbal à l’UNIVERSITÉ D’ÉTÉ DU RAJ à Béjaïa

“Il faut rendre visibles les violences conjugales”

Pour la deuxième journée de l’université d’été de l’association Rassemblement actions jeunesse organisée à Tichy, Mme Iamarène-Djerbal, sociologue, et Mme Salhi, militante pour les droits des femmes et syndicaliste, ont animé la troisième série de conférences, lesquelles ont porté sur les “facteurs de l’accès des femmes à l’emploi et contraintes institutionnelles” et sur “le harcèlement sexuel : une souffrance au travail, un obstacle à la citoyenneté des femmes”. Ces deux communications avaient été suivies avec beaucoup d’intérêt. Le poids de la tradition et de la religion dans la misogynie dont est victime la femme a été abordé. À ce sujet, Mme Iamarène-Djerbal a répondu : “Toutes les religions sont misogynes.” Cependant, pour elle, c’est le système patriarcal qui pose un problème. La conférencière a affirmé que les violences conjugales doivent être rendues visibles, dans leurs aspects les plus crus, quand tout se ligue pour les rendre insignifiantes et coutumières. “Ce que nous voyons chaque jour au Réseau Wassila, ce sont des corps brisés, malades, des personnalités anxieuses et détruites, incapables de se protéger, ne faisant plus de projets, vivant ‘’a minima’’, renonçant à leurs aspirations malgré leurs compétences, et qui, au nom de la ‘’paix conjugale’’, ne conservent plus que l'instinct de survie.” Et d’enchaîner : “Les femmes soi-disant ‘émancipées’ sont nombreuses à supporter les maltraitances faute de moyens de posséder un toit, un revenu propre pour se libérer de cette violence. Aucun statut social ne les protège bien qu’elles soient avocates, médecins, enseignantes d'université. Elles sont tout aussi impuissantes que les femmes au foyer.” “Parce que se déroulant dans l'espace ‘privé’, on considère qu'il n'y a aucune responsabilité sociale dans cette violence, qui conserve le statut particulier de ‘droit de l'époux’, perpétué par une longue tradition à travers le fonctionnement des institutions, et par le silence ou l'approbation sociale.” Elle a affirmé en outre que le harcèlement détruit. Et de citer le cas d’une dame, cadre supérieur dans un établissement hospitalier d’Alger, qui est harcelée par son DG. Elle ne sait plus quoi faire. “La société vous culpabilise car on vous fait croire que c’est vous qui êtes responsable.” Bien que le délit de violence soit sanctionné par la loi, il ne faut pas perdre de vue, explique-t-elle, que la société s’est transformée, avec la précarisation ; il n’y a pas d’emploi stable. Le point de vue est partagé par Mme Soumia Salhi. Elle explique qu’avec la précarisation, induite par la politique libérale, il va falloir redoubler d’effort. “On a besoin de nous organiser dans les associations, les syndicats, les partis politiques.” Et il faut, poursuit-elle, “rebâtir l’espoir et changer la donne”. La militante féministe et ancienne présidente de la commission femmes de l’UGTA n’a pas manqué d’alerter l’opinion sur les remises en cause des acquis des travailleuses. Le choix libéral, mais aussi le travail informel sont à l’origine de la dégradation de cette situation. Les femmes sont encore minoritaires à accéder à l’emploi et à l’indépendance économique. Forcément, “conjuguée à la crise aiguë du logement dans notre pays, la crise de l’emploi et notamment la faiblesse de l’emploi féminin”, c’est ce qui permet la survie de structures et de pratiques sociales, issues d’un ordre social révolu. Même dans les sociétés industrialisées où le salariat des femmes, plus ancien, est bien plus massif, l’idéologie patriarcale survit, explique-t-elle à un public particulièrement attentif.

M. OUYOUGOUTE


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