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Abdelatif Benachenhou pointe du doigt la gouvernance

Il faut un profond ajustement

Invité hier par le think tank Care dans le cadre de ses matinées, dédiées au débat, le professeur Abdelatif Benachenhou a plaidé pour un profond ajustement en Algérie. Selon lui, la situation que traverse notre pays n’est pas, comme le pensent certains, un mauvais passage, mais plutôt “un problème très sérieux et profond” qui nécessite, comme il l’explique, un ajustement à la fois budgétaire, économique, monétaire et social. “Ce n’est qu’à ce moment-là qu’on sera en mesure d’accueillir plus d’investisseurs étrangers mais dans notre bien et pas exclusivement pour le leur. Il faut qu’on partage la valeur ajoutée”, a-t-il souligné.
L’invité des matinées de Care n’y est pas allé par quatre chemins pour dire que “notre responsabilité est une gouvernance médiocre”. Pour lui, on ne peut pas inviter un étranger à investir et, en même temps, mettre des barrières pour qu’il ne puisse pas investir. Il évoquera, à ce titre, la règle du 49/51.
Évoquant l’accord d’association avec l’EU, Abdelatif Benachenhou a estimé que l’accord a été très bien préparé, ajoutant que ce qui n’a pas marché, c’est en premier l’élargissement de l’UE, la crise européenne, mais surtout le fait que l’Algérie a hésité et continue d’hésiter en matière d’ouverture. “On ne peut pas demander à un Européen d’investir chez nous dans l’état d’instabilité dans lequel se trouve la doctrine de notre pays en matière d’investissement.” Tel qu’il a été acté, l’accord d’association prévoit la libéralisation commerciale en contrepartie de flux d’investissement massif. Au final, on a eu l’ouverture commerciale, mais pas les investissements.
Chiffre à l’appui, le professeur a indiqué que la relation économique est totalement déséquilibrée. Depuis 2005, date de la mise en œuvre de l’accord, l’Algérie a vendu pour 10 milliards de dollars de produits hors hydrocarbures. En retour, elle a acheté pour 280 milliards de dollars de l’EU. En termes d’investissements, ceux provenant de l’Europe n’ont jamais dépassé les 12 milliards d’euros dont la moitié dans le secteur des hydrocarbures. Selon Abdelatif Benachenhou, la plus grande erreur qu’on a commise, juste après la signature de l’accord en 2005, c’était la remise en cause de la loi sur les hydrocarbures. Prenant la défense de cette loi de 2005, il a indiqué que le texte avait été préparé en associant tous les partenaires sociaux aux discussions parfois houleuses avec le syndicat. La loi ne faisait certes pas l’unanimité, mais elle partait du constat que Sonatrach avait atteint les limites techniques, organisationnelles et financières pour couvrir l’ensemble du champ national d’exploration, de découvertes et de développement.
Il regrettera que plusieurs influences ont fait que le Président ait arbitré en prenant une décision remettant en cause cette loi dont les premiers effets étaient que les étrangers sont allés voir ailleurs et qu’entre 2008 et 2016, l’attractivité du secteur des hydrocarbures algérien s’est
effondrée. “On ne peut pas jouer dans l’économie mondiale avec des contradictions de ce type dans la gouvernance”, conclut-il.  


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