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Oran mobilisée malgré la chaleur

“Il n’y aura pas de vote”

Les Oranais plus que jamais mobilisés. © S. Ould Ali/Liberté

Comme ils s’y étaient engagés pendant les dernières marches, les Oranais ont bravé la soif et la chaleur de ce premier vendredi de Ramadhan et investi les avenues du centre-ville pour exiger le départ du pouvoir. 

S’ils étaient un peu moins nombreux, ce vendredi, leurs slogans étaient plus radicaux. Notamment à l’endroit du chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, qu’ils ont qualifié de “chef de la bande” et appelé à partir au même titre que “la marionnette Abdelkader Bensalah”. “Il n’y aura pas de vote le 4 juillet”, “Gaïd Salah, vote tout seul”, “Non à des élections organisées par le gouvernement de la corruption”, ont été quelques-uns des slogans que les manifestants ont scandés toute l’après-midi boulevard Émir-Abdelkader, avenue Larbi-Ben-Mhidi, boulevard de l’ALN (Front de mer) ou lors du rassemblement place Ahmed-Zabana. 
“Nous continuerons à marcher et à manifester tous les vendredis jusqu’à ce que tous ceux qui ont mené le pays à la ruine le quittent et rendent le pouvoir aux Algériens”, ont promis les Oranais en rappelant que la souveraineté appartient au peuple et non à l’armée. Dans leurs slogans, les marcheurs ont distingué entre l’armée et le chef d’état-major : “L’Armée est à nous, Gaïd est à eux” (à la bande, ndlr), ont-ils répété pour marquer leur attachement à cette institution. “Tout le monde sait que l’armée ne fait pas de politique, ce n’est pas son rôle. Mais Gaïd Salah tente d’utiliser ses fonctions pour protéger ce qui reste de la bande à laquelle il appartient lui-même depuis toujours”, a résumé un manifestant en écho aux “Gaïd Salah fakou, fakou”, que les jeunes manifestants lançaient régulièrement. Les Oranais ont exprimé leur rejet du vote que le duo Gaïd-Bensalah s’obstine à organiser mais ils ont aussi rappelé leur exigence de justice. Cette fois-ci, c’est l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia qui a eu les honneurs d’un slogan très personnalisé : “Ya Ouyahia makanch ouroupa, trouh lel Harrach takoul sopa” (Ouyahia, tu ne fuiras pas en Europe, tu iras à (la prison) d’El-Harrach où tu mangeras la soupe), ont-ils chanté en sautant malgré un soleil de plomb. Du reste, les manifestants, dont beaucoup de jeunes, ont adressé des avertissements aux dirigeants corrompus : “Vous avez multiplié les prisons, vous y finirez tous !”
Ceux qui avaient parié sur le mois de Ramadhan pour trouver un peu de répit ont dû être déçus par la détermination affichée par les Oranais en ce premier vendredi de jeûne : des manifestants de tous âges, y compris des personnes âgées, ont défilé dès 14h pour exprimer leur hostilité au pouvoir et leur rejet de toutes les propositions qui en émaneraient : “Notre 2e République se construira sans eux, qu’ils le veuillent ou non. Depuis février, les Algériens le disent et le répètent : ils doivent tous partir, jusqu'au dernier employé qui se sera compromis avec ce pouvoir assassin et corrompu”, a juré un des manifestants. Hier la soif de justice sociale et de liberté était plus forte que le jeûne.


S. Ould Ali


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