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Les notes de l’ABEF pleuvent sur les banques

Importations : couacs à répétition

Des marchandises importées sont en souffrance dans les zones sous douane. © D.R.

L’association de M. Djebbar pond des notes à un rythme industriel, les unes rectifiant et précisant les autres, si ce n’est carrément pour les annuler.

L’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (Abef) continue de semer la confusion chez les opérateurs économiques. La succession de notes diffusées par l’association, ces dernières semaines, a beaucoup plus créé la confusion qu’autre chose chez les opérateurs. L’Abef a récidivé, hier, en diffusant une autre note qui précise que la note de jeudi dernier relative à la libération “sans délai” des marchandises importées avant l’instauration du régime des licences et qui sont en souffrance dans les zones sous douane s’applique également aux produits alimentaires et industriels dont l’importation a été suspendue en juillet suivant les notes du 17 juillet 2017 et du 2 août 2017. Pour rappel, ces deux notes concernent la suspension des importations de plusieurs produits alimentaires et industriels. L’Abef avait répertorié 193 références douanières de produits interdits d’importation, essentiellement dans l’alimentation. Cette note, diffusée hier, prête à confusion. Est-ce une levée de la suspension d’importation de ces 193 références ou est-ce simplement que les marchandises de ces contingents, commandées au moment de l’interdiction seront libérées. La note de l’Abef ne le précise pas. Ce qui pourrait ajouter à la confusion chez les opérateurs. Il faut dire que depuis le début, la mise en œuvre de ces licences d’importation se fait dans le flou. C’est le cas de celle de jeudi dernier, autorisant la domiciliation bancaire des marchandises importées avant l’introduction du système des licences, et qui sont bloquées au niveau des zones sous douane. Cette décision du ministère du Commerce avait soulagé les opérateurs qui étaient dans une situation insoutenable, puisque les retards occasionnent d'importants surcoûts. Forts de cette instruction, de nombreux opérateurs ont entamé dimanche l’opération de dédouanement. Mais force est de constater que pour certains, les choses ne se sont pas déroulées comme ils l’espéraient. En effet, des opérateurs ayant importé  des produits cosmétiques se sont vu signifier une fin de non-recevoir. Et pour cause, les produits cosmétiques n’étaient pas concernés par cette instruction. Un opérateur qui a importé des produits cosmétiques, contacté par la rédaction de Liberté, nous a expliqué que les services de la DCP lui ont signifié un refus motivé par une note de leur ministère de tutelle qui comprend un listing des marchandises à libérer et dans lequel ne figurent pas les produits cosmétiques. Cette situation est-elle la conséquence de l’excès de zèle de l’administration ? Tout semble plaider pour cela. L’instruction ministérielle était on ne peut plus claire, en indiquant que doivent être libérées toutes les marchandises importées avant l’introduction du système des licences et qui sont bloquées au niveau des zones sous douane. Partant de là, les services de la DCP n’avaient nullement besoin d’un listing pour accomplir leur tâche. Mais, bureaucratie oblige, le ministère de tutelle de la DCP a tenu à envoyer ce listing. Et il a suffi d’une omission sur ce listing, à savoir la position tarifaire des produits cosmétiques, pour que les services de la DCP, en bons exécutants, refoulent les opérateurs. Certes, le ministère a vite réagi en rectifiant ce listing dès dimanche après-midi, ce qui a permis aux opérateurs d’engager la libération de leurs marchandises, hier lundi, mais ce grain de sable dans la machine met à nu le manque d’efficacité de notre administration. Pour rappel, l’origine du problème remonte à début juillet lorsque le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, avait instruit la Direction générale des Douanes (DGD) d’appliquer sans aucune concession le système des licences d’importation, adopté par le gouvernement en 2016 dans le but de retrouver l’équilibre de la balance commerciale. Dans son excès de zèle, l’administration douanière a jugé utile d’appliquer ladite instruction avec effet rétroactif. Par conséquent, des opérateurs économiques ont vu leur marchandise bloquée aux ports pour défaut de licences d’importation. Ensuite est venue cette histoire de listing qui a compliqué les choses pour les importateurs de produits cosmétiques. La mise en œuvre des licences d’importation renseigne pleinement sur les traditions bureaucratiques de l'administration algérienne avec son lot de flou et d’approximation.


Saïd Smati


 


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