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SEDDOUK (BÉJAÏA)

Inauguration d’un mémorial du calendrier agraire amazigh

Un mémorial du calendrier agraire amazigh sera inauguré, ce matin, dans la commune historique de Seddouk, dans la wilaya de Béjaïa. L’œuvre est réalisée par Djamel Mecheheb, chercheur et l’un des conservateurs des manuscrits de la bibliothèque de Cheikh Lmuhub Ulahbid de Beni Ourtilane, ainsi que membre de l’association Géhimab de Béjaïa. Ce travail sur le calendrier, entamé il y a plusieurs années déjà, a expliqué M. Mecheheb, rassemble toutes les versions de toutes les régions en une seule illustration du calendrier, lequel travail été ensuite proposé à une association de Seddouk pour en ériger un mémorial, dédié à ce calendrier agraire amazigh. L’élaboration de ce calendrier agraire amazigh est le fruit de 10 années consacrées à ce patrimoine plusieurs fois millénaire. Il se base sur un certain nombre de manuscrits inédits, consultés en Algérie, au Maroc, mais aussi aux États-Unis d’Amérique, et que le chercheur a collationnés avec ceux conservés dans la bibliothèque de cheikh Lmuhub Ulahbib des Aït Warthilane. Il s’agit, a affirmé M. Mechehed, de manuscrits inédits. Et ce travail scientifique va paraître, apprend-on, dans la revue internationale EDB ou Études des documents berbères, volumes 49-50. Il affirme, en effet, que l’analyse des manuscrits, conservés aujourd’hui dans la collection de “Lmuhub Ulahbib” d’Aït Warthilane et dans d’autres collections, “permet de constater l’existence d’un calendrier savant, issu du calendrier julien et agraire amazigh qui était d’usage chez les agriculteurs amazighs depuis l’antiquité”.
Le calendrier amazigh n’est pas seulement un “calendrier coutumier, festif et agraire, mais il est aussi un système d’organisation social”. Les rituels qui accompagnent les travaux sont organisés en communauté, la corvée appelée tiwizzi (volontariat) en est le témoin incontestable. “Les paysans moissonnent collectivement leurs champs à tour de rôle et le travail est gratuit. Le soir, le propriétaire de la moisson offre un dîner aux bénévoles qui sont appelés ‘imecerten’, dans la région d’Aït Warthilane en Kabylie orientale à titre d’exemple.” Les anciens Amazighs avaient, ajoutera-t-il, un calendrier agraire basé à la fois sur les changements des saisons et les différents cycles de la végétation. En effet, la connaissance du climat et sa prévision occupent une place importante chez les Amazighs en termes de savoir-faire (l’observation astronomique, de la mesure du temps, du système d’organisation des activités agraires, de proverbes et de dictons, l’hygiène de vie, la diététique, le codage mnémonique du calendrier, etc.). L’année est divisée en quatre saisons et est composée de 365 jours et un quart, la division de l’année est probablement inspirée du calendrier alexandrin.
À l’arrivée des Romains, un autre calendrier solaire, dit Julien, allait se substituer au calendrier autochtone de l’Afrique du Nord, avec la réforme julienne (par Jules César en 46 avant J.-C.).
Il faut rappeler, insistera-t-il, que les noms des douze mois de l’année des deux calendriers agraire et savant berbéro-maghrébin sont dérivés du calendrier latin : Yennayer (Januarius), Furar (Februarius), Meghres (Martius), Yebrir (Aprilis), Mayu (Maîus), Yunyu (Junius), Yulyu (Julius), Ġuct (Augustus), Štembeṛ (September), Utubeṛ (Otober), Nunbeṛ (November), ḏuǧembeṛ (December).


M. OUYOUGOUTE


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