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En cas d’Accord à la CoP21 à Paris

Investissements risqués dans les projets gaziers

Dans une étude intitulée “Carbon supply cost curves : evaluating financial risk to gas capital expenditures”, publiée à la fin juin dernier, Carbon Tracker, une ONG britannique, avertit sur les risques d’investissement dans des projets gaziers. L’analyse porte sur les 20 plus grandes firmes pétrolières parmi lesquelles, BP, Total, ExxomMobil, Saudi Aramco, ENI, Shell, Gazprom… et, les trois quarts d’entre elles, ont des projets considérés comme non viables dans un scénario d’accord sur le climat pour limiter la hausse de la température à la fin du siècle à moins de 2 degrés. En terme financier, c’est 283 milliards de dollars investis qui sont concernés.
Pour rappel, le 1er juin dernier, six compagnies pétrolières et gazières européennes (Total, Statoil, Shell, Eni, BP et BG) ont publié une lettre dans le Financial Times. Elles demandaient aux États et à la CCNUCC (organisme des Nations unies chargé des changements climatiques) de mettre en place des mécanismes de tarification du carbone pour booster les avantages du gaz.
Dans cette lettre ouverte, elles mettaient en avant l’utilisation du gaz parmi les solutions de la lutte contre le réchauffement du climat. Les grandes compagnies tablaient sur une progression de l’ordre de 40% en 2035 relativement à 2015.
Si un accord à Paris est conclu, le scénario énergétique à 450 ppm élaboré par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une progression de la demande gazière mondiale plafonnée à 10% sur cette période dans la perspective de la décarbonatation nécessaire dans ce scénario.

Les projets d’exploitation du gaz de schiste sont les plus menacés
Si les gouvernements conviennent de mettre en place un accord sur le climat à la fin de l’année 2015, d’autres voies doivent être explorées. Pour atteindre cet objectif, de grandes quantités d’énergies fossiles devront rester dans le sol, et non brûlées, déclare Christiana Figueres, secrétaire exécutif de la CCNUCC. Pour James Leaton, directeur de recherche à Carbon Tracker, “les investisseurs devraient examiner le véritable potentiel de croissance des entreprises de GNL au cours de la prochaine décennie. L'offre excédentaire actuelle signifie qu'il y a déjà une série de projets qui attendent d'entrer en production, et dont on ne sait pas s’ils seront viables”.  
“Des entreprises qui sont prêtes à dépenser plus d’un billion de dollars d'ici à 2025 sur des projets à coût élevé et qui ne sont pas dans le sens d’un monde qui prend la menace économique du changement climatique au sérieux, ce serait un mauvais pari, surtout quand nous savons déjà que le monde a besoin d'investir un billion de dollars supplémentaire par an dans l'énergie propre d'ici à 2030”, déclare, pour sa part, Andrew Logan, qui est impliqué dans l’étude et qui coordonne les engagements des investisseurs avec des entreprises des combustibles fossiles.
Enfin, parmi les pays les plus menacés, ceux qui se sont lancés dans le gaz de schiste sont les plus exposés, le Canada (82 milliards de dollars à l'horizon 2025), les États-Unis (71 milliards de dollars) et l’Australie (68 milliards de dollars). Sur les vingt plus grandes compagnies analysées, seize ont des projets qui risquent de ne pas être viables à l'horizon 2025. À quand un vrai débat sur le gaz de schiste chez nous ?


R. S.


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