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A la une / Actualité

DÉSAMIANTAGE

Isotec Algérie informe sur la dangerosité de l’amiante

L’amiante est un produit potentiellement dangereux auquel — une fois de trop, faute de prise de conscience — sont toujours et encore exposés des milliers de travailleurs et d’autres consommateurs en Algérie. Alors que les pays développés investissent dans le désamiantage, l’Algérie continuait dans un passé récent à en importer d’Europe.
L’amiante tue. En effet, cette variété d’asbeste est à l’origine de cancers très graves. Bien que scientifiquement prouvé au début des années 1970, il a fallu 20 ans à l’Europe pour réagir et prendre des mesures spécifiques, et dix-sept années de plus (en 2007) pour voir les portes de quatre usines algériennes productrices d’amiante enfin fermées suite à l’intervention du ministère de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et du Tourisme. Mais en attendant de désamianter – et de se décider à le faire – les milliers de bâtiments, d’écoles et d’infrastructures hospitalières, l’asbestose, cette maladie professionnelle due à l’amiante allonge la liste des victimes. Elles sont des milliers dans le monde et probablement des centaines en Algérie. Après le complexe Mohamed-Boudiaf (la Coupole), Michelin Algérie, GLI.Z Sonatrach Oran et la Sonelgaz de Jijel, Isotec Algérie se trouve être aujourd’hui la seule entreprise habilitée car certifiée et expérimentée à opérer en Algérie. Créée en 2004, Isotec Algérie est une société de droit algérien avec un effectif 100% algérien formé aux nouvelles technologies suivant le référentiel “Qualibat 1513” par des sociétés européennes. Son premier responsable, M. Michel Godignon, a consacré un après-midi “technique” à la presse. Il a tenu à nous expliquer — via une simulation de travaux de traitement — jusque dans les détails, le déroulement d’une opération de désamiantage, sa complexité et la nécessité d’y recourir au plus tôt. Il va sans dire qu’il y a urgence. Au mois de juin de l’année 2008, la société française Isotec Invest a fêté ses trente années d’existence, elle a investi le marché algérien en 2000, c’était, nous dit M. Godignon, “à Skikda, dans le cadre d’un projet de protection d’incendie en hydrocarbures.  Il y a eu par la suite le désamiantage de la coupole, puis nous avons créé l’entreprise Isotec Algérie”. L’Algérie représente sans conteste un marché très important, car littéralement vierge. Aphlogistique et calorifuge, l’amiante est un matériau aux qualités mécaniques et chimiques très appréciées. Pour cela, il est essentiellement répandu dans le bâtiment. L’amiante, faut-il le savoir, est un minerai extrait du sous-sol qui a été très utilisé dans les années 1950-1960 et bien après encore. Polluant et très toxique, il n’a pas fallu longtemps pour que le lien de cause à effet soit établi. En 1972 déjà, le Centre international de recherche contre le cancer avait classé 380 substances présentes dans l’environnement comme étant “possiblement, probablement ou certainement cancérogènes”. Les risques sur la santé sont inhérents à moult formes d’exposition environnementale à des produits dangereux pour l’homme. Au-delà du risque, l’apparition avérée de cancers atypiques difficiles à soigner reste préoccupante du fait que jusqu’à aujourd’hui, l’évaluation de la toxicité des produits n’a concerné qu’un nombre infime d’entre eux. Or, les risques liés à l’utilisation de l’amiante sont certains. Entrant dans le cadre des précautions d’usage, le désamiantage est aujourd’hui incontournable. Et il est malheureux, comme a eu à nous l’expliquer M. Godignon, qu’en 2004 l’Algérie continuait d’importer encore de l’amiante d’Espagne ! Le désamiantage ne concerne pas que les grands équipements mais également les immeubles d’habitation, les écoles et les casernes militaires dont les responsables commencent, semble-t-il, à se pencher sérieusement sur le dossier de l’amiante et sur les risques encourus par les utilisateurs, apprend-on. Dans moins de quinze jours, par ailleurs, Isotec Algérie sera de nouveau à pied d’œuvre. Cette fois, il s’agit d’un chantier à Jijel (Sonelgaz) pour lequel une douzaine de personnes ont été formées et évaluées techniquement en fin de cycle. Lors de la rencontre avec la presse, les patrons d’Isotec n’ont pas manqué de souligner l’importance du désamiantage qui participe de la santé publique. M. Bada, consultant au niveau de ladite société, a particulièrement mis l’accent sur la dangerosité insoupçonnée, car inconnue du citoyen lambda, de l’amiante. Pour ce qui est de la prise de conscience, on se veut malgré tout optimiste, même si au regard de l’importance des chantiers, le facteur temps joue en défaveur des utilisateurs. En effet, pour ne citer que cette dernière, il faut savoir qu’au niveau de la capitale, tout reste à faire : des centaines d’immeubles de bureaux, à usage d’habitation, etc. devront être passés au crible. Jusque-là, Isotec Algérie se trouve être la seule société certifiée, spécialisée dans l’enlèvement de l’amiante. Pour le traitement de cette substance hautement toxique, Isotec Algérie se doit de continuellement former de nouvelles recrues et de remettre à niveau ses équipes. Engagés dans la sauvegarde de l’environnement, les responsables d’Isotec Algérie ont, au-delà de l’offre de service et de la rentabilité économique, voire de la bonne santé de leur société, longuement insisté sur le fait que le désamiantage doit impérativement être perçu par les pouvoirs publics comme une option incontournable. Sans compter que l’usage de l’amiante – interdit depuis 1999 – doit être proscrit dans les actes.