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Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs

“Je ne me sens pas véritablement libre”

Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs. © D.R

“Si le Président veut démontrer ses bonnes intentions, il n’a qu’à donner l’ordre de libérer tous les détenus pour mettre fin à l’arbitraire et à l’injustice pour un retour à l’apaisement”, estime la SG du PT.

La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a appelé, hier, à la libération de tous les détenus politiques et d’opinion. “Du point de vue politique, je ne me sens pas véritablement libre, ma liberté ne sera totale que lorsque tous les détenus politiques et d’opinion, ainsi que celle de toutes les victimes de l’injustice, qui croupissent encore dans les geôles de tout le pays, seront libérés”, a-t-elle affirmé, à l’occasion de la clôture d’une session du secrétariat du bureau politique de son parti.

Louisa Hanoune s’est montrée directe dans son plaidoyer en faveur de la libération des détenus politiques et d’opinion en s’adressant au président de la République. “Si le Président veut démontrer ses bonnes intentions, il n’a qu’à donner l’ordre de libérer tous les détenus pour mettre fin à l’arbitraire et à l’injustice pour un retour à l’apaisement et au calme, à leurs familles et à la société.” “Mon souhait, en ce début d’année, est que ce procès du 2 janvier, qui a prononcé mon innocence et le rejet de tout le dossier de notre condamnation pour complot contre l’État, contre l’armée et tentative de coup d’État, servira d’annonce à une large démarche de rectification en matière des droits et des libertés démocratiques”, a-t-elle déclaré.

“Le temps m’a donné raison dans tous les domaines”, a, par ailleurs, estimé Mme Hanoune, en référence au verdict prononcé samedi dernier par la cour d’appel du tribunal militaire de Blida, qui l’a innocentée dans l’affaire du complot pour laquelle elle a été poursuivie, en compagnie du frère du président Bouteflika, Saïd, et de deux anciens responsables des renseignements, les généraux Toufik et Tartag.

En revenant sur le verdict du 2 janvier, elle a indiqué que “lors de cette audience, comme lors des précédentes, j’avais la conscience tranquille”, en arguant le fait que “le dossier était politique. Lors des plaidoiries et dans toutes les étapes du procès, même les questions posées par le président de la cour étaient politiques par excellence”. Elle a soutenu, dans ce contexte, avoir “réitéré les positions et les déclarations du parti sans concession”, non sans avoir rappelé le programme, la nature de son parti et ses principes, lesquels “sont à l’origine des démarches qu’elle a entreprises durant son parcours politique, notamment en mars 2019”.

Et d’expliquer que “la cause pour laquelle j’ai recherché une sortie qui soit conforme aux attentes des Algériens est d’avoir fait le constat, le 26 mars, qu’il y avait un complot fomenté contre le processus révolutionnaire et qui visait à confisquer la victoire du peuple qui a imposé la démission d’Abdelaziz Bouteflika”.

Mais selon elle, “bien qu’ayant usé de répression et de violence pour faire taire toutes les voix, en utilisant certains médias qui ont tissé une cascade de mensonges”, le centre qui était derrière le complot “n’a pas réussi à briser l’élan révolutionnaire ou à détruire l’état d’esprit révolutionnaire”. À ce sujet, la SG du PT s’est montrée catégorique, en affirmant que “les luttes ouvrières et des larges catégories populaires démontrent que la révolution du 22 février est toujours vivante”, car “les causes du déclenchement du processus du 22 février sont non seulement toujours présentes, mais elles sont également exacerbées et approfondies par le déclin socioéconomique et celui des droits et des libertés”.

La pasionaria des travailleurs prédit même que “l’année 2021 sera par excellence celle de toutes les luttes pour les droits et les libertés démocratiques”, en expliquant qu’“il s’agit de la défense de l’existence de la nation et de son unité contre tous les dangers internes ou externes”. Et ce, avant de livrer sa vision en ces termes : “L’unité du pays, qui n’est pas un simple slogan, nécessite un véritable front intérieur et une véritable immunité qui ont pour source des politiques sociales et économiques conformes aux aspirations de la majorité.”

Selon Louisa Hanoune, “il est impératif de lever toutes les entraves pour permettre un libre débat entre toutes les composantes du peuple, et qui doit aboutir à l’arrêt de la politique antisociale et de l’orientation économique qui a désertifié le pays, à l’arrêt de toutes les politiques arbitraires héritées de l’ancien pouvoir et à l’arrêt de la décision d’ouverture du capital des banques et du secteur public. Lequel débat devrait être précédé par une libération de tous les détenus politiques et d’opinion et de ceux victimes de calculs politiciens, car c’est là, la véritable sortie de la crise actuelle”. 

 


A. Rafa


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