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A la une / Actualité

Salim, ouvrier dans le bâtiment

“Je travaille sans assurance”

©Archives Liberté

À l’occasion de la Fête du travail, nous avons donné la parole à des travailleurs de différents secteurs pour raconter comment ils vivent leur métier. Ce qu’ils disent renseigne sur la difficulté d’être salariés de nos jours en Algérie.

Lorsque nous avons rencontré Salim C., il empilait des briques sur un trottoir, les attachant à une corde pour les hisser à la force des bras, jusqu’au 3e étage d’un immeuble en construction en plein centre-ville d’Oran.
Salim, dans la force de l’âge, 24 ans, célibataire, est, depuis déjà 5 ans, ouvrier dans le bâtiment allant de chantier en chantier, travaillant généralement pour des promoteurs immobiliers privés. C’est avec beaucoup de retenue qu’il acceptera de discuter avec nous pour évoquer son métier qui semble l’avoir déjà marqué physiquement et psychologiquement. Dans son regard, l’on perçoit comme une fêlure interne, le dos, légèrement voûté par la tâche, lui confère cette sensation d’un jeune homme qui connaît la désillusion et le désenchantement à 24 ans à peine. “Vous savez, c’est très dur, vraiment dur de travailler dans le bâtiment… Moi, j’ai quitté l’école à 17 ans, et maintenant, je n’ai rien d’autre à faire.” D’emblée, notre interlocuteur  lâche : “L’avenir, je n’en ai pas, c’est fini, c’est foutu pour moi !” Au rez-de-chaussée de la tour en construction, Salim raconte par bribes son statut d’ouvrier “au noir”, comme la majorité de ses collègues et dans presque tous les chantiers du BTPH, relevant du secteur privé ou pour des particuliers. Comme lui, ils sont très peu nombreux à avoir été déclarés à la Cnas. “Ceux qui sont déclarés ont un salaire qui ne dépasse pas les 20 000 DA par mois.” Pour lui  et les autres, l’employeur paye en espèces, de la main à la main, à la semaine. Parfois, ils ne perçoivent pas la totalité de ce qui leur est dû.  
Ainsi, les manœuvres sont souvent “coincés et à la merci du patron”. Salim évoquera encore ce qu’il doit faire. Recruté en tant que maçon, il se trouve obligé d’exécuter toutes sortes de tâches, à savoir monter des briques, des sacs de ciment, préparer le béton, faire du crépissage, couper la ferraille et bien d’autres travaux 6 jours sur 7.
“Je n’ai pas le choix, que puis-je faire d’autre ?”

D. LOUKIL

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