Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Me Salah Brahimi, Bâtonnier À Tizi Ouzou, À “LIBERTÉ”

“Jeudi, nous marcherons pour dénoncer les atteintes aux libertés”

© D. R.

L’Union nationale des Ordres des avocats a appelé à une marche nationale le jeudi 24 octobre à Alger. Cette manifestation, qui n’est pas la première du genre, se veut un cri de colère des robes noires contre les atteintes répétées à la liberté d’expression et de manifestation. Membre actif de l’Unoa, Me Salah Brahimi évoque cette marche pour les lecteurs de “Liberté”.

Liberté : À l’appel de l’Union nationale des Ordres des avocats (Unoa), une marche nationale des avocats est prévue pour ce jeudi, à Alger. Vous attendez-vous à une mobilisation conséquente de la corporation ?
Me Salah Brahimi : La décision d’organiser la marche du 24 du mois en cours a été prise le 6 juillet dernier à Béjaïa, lors de l’assemblée générale extraordinaire des barreaux et fait suite à  plusieurs marches et actions au compteur de la corporation d’avocats. Ce n’est pas la première initiative de ce genre. Les 21 barreaux d’Algérie ont déjà participé à une marche nationale aux mois de mars et juillet derniers pour soutenir le peuple dans ses revendications légitimes.

Bien entendu, pour cette fois encore, on s’attend à une grande mobilisation des avocats, à l’instar des marches des citoyens les vendredis qui, au bout de huit mois de hirak, ont pris plus d’envergure. À travers notre marche, on veut aussi dénoncer les atteintes aux libertés d’expression et de manifestation, ainsi que les entraves à la libre circulation des Algériens à l’intérieur du territoire national.

Redoutez-vous des difficultés d’accès à la capitale ?
Je ne crois pas, parce que le flux n’est pas comparable à celui des vendredis. Le problème va se poser, en revanche, une fois à Alger. Lors de notre dernière marche nationale, les services de sécurité ont entravé la progression du cortège des avocats. Pour des raisons tactiques, l’itinéraire, cette-fois-ci, sera déterminé à la dernière minute. Soit la marche démarrera du tribunal de Sidi M’hamed, soit de la Grande-Poste. Vers où ? On avisera sur place.

Quel message espérez-vous transmettre à travers cette marche ?
Nous voulons un changement radical du système, l’instauration d’un État de droit et une république au sens propre du terme. Nos précédentes actions ont déjà eu un impact positif. Les cinq chambres d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed viennent de rendre des ordonnances de renvoi vers des sections correctionnelles.  Cela signifie que les procès des détenus d’opinion seront programmés au fur et à mesure. Le premier procès se tiendra d’ailleurs aujourd’hui. Nous espérons, bien entendu, l’élargissement des 80 détenus politiques, car l’article 79 (atteinte à l'unité nationale), sur la base duquel la plupart ont été arrêtés, ne tient pas la route.

D’autant que dans des affaires similaires, d’autres tribunaux à travers le pays ont ouvert le chemin de la relaxe. Pour nous, ces ordonnances de renvoi vers des sections correctionnelles sont une victoire du droit sur l’abus. Surtout, si l’on prend en considération le poids de longs mois d’emprisonnement sur les détenus et leurs familles. Car tout le monde sait que ces arrestations ont été opérées pour faire pression et ébranler la volonté populaire. Je pense aussi que cette décision fait suite à la menace des robes noires de recourir à un boycott illimité des audiences, à travers tout le territoire national.

L’Union nationale des Ordres des avocats a décidé d’installer une commission chargée d’encadrer les collectifs d’avocats des détenus d’opinion ? Étant un de ses membres, pouvez-vous nous dire exactement comment se déclinera sa mission ?
C’est pour mieux organiser et préparer la défense. Il s’agit notamment d’apporter un équilibre dans les collectifs de constitution et veiller à assurer une défense à tous les détenus d’opinion. Cette commission aura, en outre, pour tâche d’éviter la contradiction dans les plaidoiries et les mémoires déposés. Car, je vois mal un avocat réclamer les circonstances atténuantes, alors que l’on a convenu au sein des barreaux d’exiger la relaxe.
 

Entretien réalisé par : Nissa Hammadi

 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER