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A la une / Actualité

Lors de son discours d’ouverture à la session de printemps de l’APN

Karim Younès dénonce la violence d’Etat

Lors de son discours d’ouverture à la session de printemps de l’APN Karim Younès dénonce la violence d’Etat “Si la force doit nécessairement revenir à la loi, la loi n’a pas pour seul mode d’expression la force, en particulier lorsque celle-ci s’applique à des représentants élus du peuple.

L’Assemblée nationale dénonce la répression de la rue. C’est son président, Karim Younès, qui l’a fait, hier, à l’occasion de l’ouverture de la session de printemps de la Chambre basse du Parlement. En évoquant la tentative de la marche de soutien au peuple irakien, initiée jeudi dernier par le  Mouvement de la société pour la paix (MSP), où les manifestants ont été bastonnés, Karim Younès n’a pas fait dans le détour pour asséner : “Si la force doit nécessairement revenir à la loi, la loi n’a pas pour seul mode d’expression la force, en particulier lorsque celle-ci s’applique, comme ce fut malheureusement le cas jeudi dernier, à des représentants élus du peuple, investis par lui d’un mandat national ou à des ministres de la République.” Si, dans ce cadre, le premier responsable de l’institution législative reconnaît l’interdiction dont font l’objet les marches, il n’en demeure pas moins, selon lui, que “la République doit appliquer la loi en respectant ses élus”, car, ajoute-t-il, “la République n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle parvient à allier le droit humain avec la légalité”. Karim Younès qui a tout l’air de s’adresser au premier magistrat du pays, en l’interpellant sur la violence de l’Etat à l’égard de la population et de ses représentants et de la nécessité de leur protection par les lois de la République, martèle : “L’Etat de droit signifie le respect de toutes les lois et de tous les textes applicables au citoyen ; il signifie également le respect du citoyen lui-même et de tous les droits qui lui sont applicables.” Loin de s’arrêter au constat et à la simple dénonciation, le président de l’Assemblée nationale, qui déplore que “de tels incidents aient pu survenir”, demande que “des dispositions soient prises pour qu’ils ne puissent se renouveler”. Dans ce même ordre d’idée, l’orateur déplorera que l’expression populaire se fasse à travers la rue et l’émeute : “Si la protestation est souvent un signe de vitalité dans la société, comment en revanche s’accommoder de ce que la violence et la manifestation de rue fassent désormais partie du vécu algérien, une sorte de décor naturel dans lequel doit fatalement évoluer notre pays ?” “Il n’y a pas de fatalité” aux yeux de l’intervenant pour qui l’institution législative est investie d’un rôle prépondérant dans le règlement des problèmes des citoyens, surtout au regard “des affres du terrorisme, au sentiment souvent ressenti de marginalisation, de l’indifférence de certains dépositaires de l’autorité publique qui portent atteinte à la réputation des institutions de l’Etat”.
A l’instar de son homologue de l’APN, le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, a procédé, hier, à l’ouverture de la session de printemps de son institution. Dans son allocution faite en présence de parlementaires français accompagnant le président Jacques Chirac dans sa visite de deux jours en Algérie, M. Bensalah a essentiellement mis l’accent sur la contestation sociale qui secoue le monde du travail.  Si pour l’orateur “le passage de l’économie dirigée à l’économie de marché, avec tout ce qu’il implique comme coût social, n’est pas une mince affaire”, sa réussite en revanche doit reposer “sur une politique claire et consensuelle”. Les observateurs ont cru comprendre à travers cette déclaration l’adhésion du Sénat à la démarche de l’UGTA, surtout quand Bensalah souligne que les privatisations doivent être mises en œuvre “suivant des priorités déterminées et dans un cadre légal où le dialogue entre les différents partenaires demeure la seule voie qui permet de dépasser les problèmes”.

N. M.

Députés du MSP bastonnés jeudi dernier
Ils interpellent le Chef du gouvernement
M. Abderrazak Mokri, président du groupe parlementaire du MSP, a animé, hier après-midi, un point de presse à l’APN, autour de l’affaire des députés agressés, jeudi dernier, lors de la marche de solidarité avec le peuple irakien. A cet effet, il a annoncé les mesures prises par les parlementaires de la formation de Nahnah. 
Premièrement, les représentants du MSP à l’Assemblée interpelleront, dit-il, le gouvernement sur la question de l’utilisation de la violence à l’encontre des députés. Comme ils comptent ouvrir un débat général à l’APN autour de la situation en Irak et de la position algérienne. M. Mokri affirmera plus loin que les députés demandent au président de la République d’user de l’article 130 de la constitution et ce, à l’effet de réunir les deux Chambres du parlement à même d’engager un débat sur la politique étrangère algérienne et sur l’affaire de l’Irak.
Les députés de la formation islamiste entendent intenter une action en justice contre l’instance qui a ordonné aux agents de sécurité de bastonner les parlementaires. Le groupe parlementaire du MSP envisage de soumettre la proposition de levée de l’état d’urgence.

Rafik Hamou