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“La cause sahraouie est un exemple du non-respect du droit international”

Le mouvement de solidarité pour le parachèvement du processus de décolonisation au Sahara Occidental vient de prendre, cette fin d’année 2013, un nouveau tournant, avec l’implication plus grande de syndicats, d’ONG et de sociétés civiles. Après la première conférence de solidarité africaine pour l'indépendance du peuple sahraoui, qui a eu lieu en octobre dernier à Abuja (Nigeria), puis la conférence internationale sur “le rôle de la femme dans les mouvements pour la liberté et l’indépendance en Afrique” qui s’est tenue début décembre, à Tindouf, dans les camps des réfugiés sahraouis, la capitale algérienne a abrité hier et avant-hier la 4e conférence internationale sur le thème : “Le droit des peuples à la résistance : le cas du peuple sahraoui”, présidée par le chef d’État sahraoui.
En marge de cette rencontre, s’est tenue la première réunion de la task-force africaine, suivie par le forum des députés et sénateurs, qui a annoncé la création du réseau international des parlementaires. Pour bon nombre de participants, la plupart des objectifs fixés à la conférence d’Alger ont été atteints. La preuve, soutient-on, la session d’El-Aurassi a rassemblé des participants venus des 5 continents, y compris des USA, du Japon et de la Russie, et a réaffirmé le droit des Sahraouis à choisir librement leur destin, à travers un référendum d’autodétermination. La conférence a, en outre, “affirmé et proclamé” leur droit à “résister à l’occupation marocaine”.
Non sans interpeller l’ONU sur “l’urgence de mettre en place des mécanismes de protection” de la population civile sahraouie des territoires occupés. Hier, les témoignages des militants sahraouis des droits de l'Homme et ceux d’observateurs étrangers ont, de nouveau, mis à nu la nature coloniale du système marocain. Pour Giulia Olmi du CISP, une ONG pour le développement avec les peuples, “la cause sahraouie est un exemple éclatant du non-respect du droit international”. Cette responsable italienne a déploré “le double jeu” de la communauté internationale et surtout de l’Europe. Mme Olmi a aussi signalé les carences en matière d’information. Selon elle, “une démocratie est basée sur l’information des gens et sur la connaissance des opportunités qui existent” pour pouvoir dénoncer ce qui ne va pas : situation d’impunité et d’illégalité, violences, etc.
De son côté, Marco Balboni, professeur de droit à l’université de Bologne (Italie), a noté que “le droit du peuple sahraoui à un référendum d’autodétermination n’a pas été exercé, car le Maroc s’y oppose avec l’usage de la force”. Pourtant, poursuivra-t-il, “la dernière colonie de l’Afrique a le droit à l’autodétermination, qui lui a été reconnu à maintes reprises”.
Pour le juriste, cette situation “est illégitime”. Analysant le contexte actuel, M. Balboni l’a qualifié de “très défavorable”, surtout après la survenue de la crise économique et des “préoccupations” qu’elle suscite chez l’UE “au détriment des droits de l’Homme”. Le changement des rapports de force, selon lui, passe forcément par “une pression importante de la société civile et de l’opinion publique internationales, à commencer par l’opinion publique sahraouie dans les territoires occupés”. Un autre participant à la conférence, Benkherouf M’hamed, président de l’Union internationale des cadres algériens, a abordé, lui aussi, “le double jeu de la France des droits de l’Homme et des libertés qui bloque le processus de décolonisation”. Le Franco-Algérien est arrivé à la même conclusion que le juriste italien, quant à la nécessité d’exercer des “pressions” sur la France officielle. Enfin, le Pr Makoto Katsumato, directeur de l’Institut japonais de la paix internationale (Prime), a estimé que “la monde, aujourd’hui, a besoin d’un ordre mondial plus juste”. Puisant dans la Constitution de son pays, qui combat “la tyrannie, l’injustice sociale et la pauvreté”, et se basant sur les idéaux de la conférence afro-asiatique de Bandoeng de 1955, il a insisté sur l’application impérative des résolutions de l’ONU, notamment celles relatives à la tenue du référendum au Sahara Occidental.


H A