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A la une / Actualité

Lettres de créance des nouveaux ambassadeurs

La charge non assumée de Bouteflika

Abdelkader Messahel en compagnie de l’ambassadeur du Qatar, Hassane Ibrahim Abdourrahmane El-Maliki. ©APS

N’ayant pas pu présenter leurs lettres de créance au chef de l’État, ces représentants ne peuvent pas être présents lors des visites de leur propre président en Algérie.


Dimanche dernier, pas moins de sept nouveaux ambassadeurs se sont succédé chez Abdelkader Messahel, le ministre des Affaires étrangères, prenant en charge ainsi une activité qui devrait relever de la compétence exclusive du chef de l’État.
L’agence officielle APS a, en effet, annoncé que les représentants de la Suisse, de la Norvège, de l’Éthiopie, du Qatar, du Congo, du Soudan et de l’Allemagne avaient présenté les “copies figurées” de leurs lettres de créance en qualité d’ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires de leurs pays respectifs en Algérie.
Quelques jours auparavant, plusieurs autres ambassadeurs, en fin de mission, ont accompli le protocole d’adieu, en faisant la tournée des responsables de l’État. Ces départs et arrivées des représentants des chancelleries étrangères dans notre pays, tels qu’ils s’accomplissent depuis plusieurs années, ne satisfont pas aux exigences diplomatiques et protocolaires. Il est établi, de longue date, qu’un ambassadeur qui arrive dans un pays présente ses lettres de créance au chef de l’État et remet un document attestant de sa fin de mission. Dans les usages diplomatiques internationaux, ces documents sont remis au chef de l’État et non au ministre des Affaires étrangères. Or, depuis au moins cinq ans, le chef de l’État est dans l’incapacité d’honorer cette charge et de recevoir ces documents des mains des ambassadeurs. Un manquement qui met le président de la République en porte-à-faux avec la loi fondamentale du pays qui mentionne en son article 10, parmi les missions du président de la République, la réception des “lettres de créance et de rappel des représentants diplomatiques étrangers”.   
Selon un ambassadeur d’un pays européen, des dizaines de représentants de pays étrangers se sont contentés de présenter des “copies figurées” de leurs lettres de créance, sans jamais avoir la possibilité de rencontrer le président de la République.
De son côté, un ancien ambassadeur algérien nous a confié que cela n’empêche pas les ambassadeurs étrangers d’exercer normalement leurs fonctions.
En revanche, dans l’impossibilité de présenter leurs lettres de créance au chef de l’État, ces représentants ne peuvent en aucun cas être présents lors des visites de leur propre président en Algérie. Or, précise le diplomate, “le problème ne se pose presque plus puisque le président de la République ne reçoit presque plus de chefs d’État étrangers”. Mais le problème est beaucoup plus délicat pour les ambassadeurs qui sont nommés dans d’autres pays voisins et qui ont résidence à Alger.
C’est le cas de certains chefs de mission diplomatique qui ont pour siège Alger, mais qui englobent des pays voisins comme le Niger, la Mauritanie ou le Mali. Ces derniers ne pourraient pas faire partie de la délégation qui recevra leur chef de l’État s’il se rend dans un des pays qui entrent dans leur champ de compétence.
La situation dure dans le temps et devient, au fil des ans, banale. “Des ambassadeurs sont venus et repartis sans pouvoir voir le chef de l’État”, remarque un ancien ministre. Cette situation a certainement un coût diplomatique.

Ali Boukhlef


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