Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Avec un prolongement inattendu des délais de rétablissement de la connexion

La coupure d’Internet suscite des interrogations

©D. R.

Intervenant en pleine campagne électorale pour les législatives du 4 mai prochain, nombre d’internautes voient dans cette déconnexion une “raison cachée” pour faire taire éventuellement les boycotteurs qui, il est vrai, pullulent sur les réseaux sociaux.

D’après Algérie Télécom (AT), le rétablissement de la connexion internet a été retardé à cause de “complications techniques” rencontrées lors  de la fusion, par l'équipe italienne, chargée de procéder au transfert du câble de la fibre optique sous-marin SEA-ME-WE 4 vers de nouveaux branchements.
Il est à rappeler que ce câble, qui a subi le 6 mars dernier des dommages suite à des intempéries, part de Marseille en France pour relier l’Algérie avec pour point de réception Annaba, précisément à Sidi Salem. Ce câble long d’environ 20 000 kilomètres est le principal moyen de liaison internet entre l'Asie du Sud-Est, le sous-continent indien, le Moyen-Orient et l’Europe occidentale, d’où son nom en anglais “South East Asia-Middle East-Western Europe 4”. Les efforts de communication d’AT, qui s’est efforcée de tenir informé le public en temps réel de l’avancement des travaux, ne sont pas venus à bout des questionnements des internautes. “La totalité de la bande passante internationale acheminée à travers le câble SMW4 est hors d’usage”, avait d’emblée déclaré AT qui promettait initialement un rétablissement pour hier à 1 heure du matin. L’accès restreint à Internet s’est donc résumé à “déconnecter” essentiellement les réseaux sociaux qui, à en croire AT et sa tutelle le ministère de la Poste et des Technologies,  consommeraient beaucoup de bande passante, soit le “signal-Internet” dont le monopole revient en Algérie exclusivement à l'entreprise publique de télécommunications. “Le trafic des clients professionnels du secteur économique est priorisé”, avait affirmé à ce sujet, en guise d’avertissement, l'opérateur public. Pour les clients résidentiels, entendre surtout les Facebookers et autres Twittos, seuls la consultation des pages web et l’échange des e-mails leur étaient garantis, et ce, “à hauteur de la capacité disponible”. “Le reste des services sont bloqués, notamment la vidéo”, a fini par reconnaître très vite AT. Intervenant en pleine campagne électorale pour les législatives du 4 mai prochain, cette coupure suscite moult interrogations. Beaucoup y voient, en effet, une “raison cachée” pour faire taire éventuellement les boycotteurs qui, il est vrai, sont légion sur les réseaux sociaux. D’aucuns estiment, enfin, que le “cinquième pouvoir” qu’on attribue désormais à ces nouveaux médias et qui permet à un simple citoyen d’opposer, derrière son écran, sa force civique et de dénoncer les dérives du pouvoir met à mal aujourd’hui les discours appelant à la participation au prochain scrutin.  Impuissants, les médias publics, qui ne détiennent plus le monopole de la production et la diffusion de l’information, ne peuvent plus rivaliser avec la puissance de ces réseaux. L’expression citoyenne s’étant largement libérée face à une pratique journalistique de plus en plus encadrée avec la charte et la circulaire Grine notamment, “le vote” du public sur les réseaux sociaux est sans équivoque. C’est peut-être la raison pour laquelle, semble-t-il, “les autorités veulent jouer les prolongations avec cette coupure”, soupçonnent de nombreux internautes.

Mohamed-chérif Lachichi


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER