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RACHID SEKAK, EXPERT FINANCIER

“LA CROISSANCE PÉRENNE POUR LE PAYS VIENDRA DU SECTEUR PRIVÉ”

© Archives Liberté

Il soutiendra qu’une autorité gouvernementale reconnue et crédible sera indispensable au succès de la réforme.

Invité  par  la  faculté  des  sciences  économiques, commerciales  et des sciences de gestion de l’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa, l’ancien directeur de la dette extérieure à la Banque d'Algérie (BA), Rachid Sekak, a animé avant-hier, un webinaire autour du thème : “Réforme du secteur bancaire : où en sommes-nous et où pouvons-nous aller ?” Un thème qui a suscité un intérêt notable auprès de la communauté universitaire de Béjaïa, tout particulièrement chez les étudiants et enseignants chercheurs de la faculté des sciences économiques.

D’emblée, le conférencier annonce la couleur en comparant la réforme du secteur bancaire à cette “Arlésienne” dont tout le monde parle et qu’on ne voit jamais. La pertinente analyse faite par cet expert financier a fait ressortir trois constats peu reluisants, à savoir “la faiblesse du niveau d’intermédiation bancaire, la prédominance des banques publiques et  la faiblesse des crédits accordés au secteur privé”. 

Pour l’orateur, une telle configuration n’a pas permis au pays de réaliser son potentiel de croissance à deux chiffres et ce, malgré une abondance de ressources et un excès de liquidités bancaires pendant une période relativement longue.

Relevant l’omniprésence de l’État dans le secteur bancaire, en tant que principal actionnaire, régulateur et plus grand client, M. Sekak se demande si “une telle situation n'est pas malsaine et porteuse de relations incestueuses ?”

Cela dit, cet analyste financier se dit convaincu que “la croissance pérenne pour le pays viendra du secteur privé ou ne viendra pas et la concurrence devra être le maître-mot. Car, seule la concurrence peut être le moteur de l’innovation”.

Bien que la réforme du secteur bancaire constitue, aux yeux de M. Sekak, “une nécessité incontournable”, il n’en demeure pas moins que le processus de sa mise en œuvre, “est d’une grande ampleur technique et humaine, voire complexe”, a-t-il soutenu. 

Il estime, en revanche, que  la  rénovation  du système bancaire ne sera pas suffisante pour relancer une croissance pérenne et diversifier notre économie, “si elle n’est pas accompagnée d’un programme cohérent de réformes structurelles dont elle est seulement une partie”. Et d’ajouter : “Cette rénovation du secteur bancaire devra s’intégrer dans une stratégie plus large.”

Selon cet expert en finances, il est quasiment difficile de faire une dichotomie entre économie financière et économie réelle, affirmant que “la situation actuelle du système bancaire reflète et accentue les dérèglements structurels de notre économie et de sa dérive budgétaire”.

Évoquant d’autres caractéristiques du marché bancaire, le conférencier relève “une gamme de produits offerts étroite et banale”, “un faible développement des services financiers spécialisés (leasing et factoring)”, “l’absence du factoring, pourtant un élément essentiel du financement de la PME, à cause de blocages administratifs incompréhensifs”, “une faible transparence des opérateurs et qualité des rapports des commissaires aux comptes”, “un environnement réglementaire contraignant et instable”, “un faible développement technologique…”

Par ailleurs, M. Sekak déplore le départ récent de la banque Crédit Agricole (CA-CIB) qui vient de perdre son agrément en Algérie. Ce qui constitue “un très mauvais signe”, a-t-il estimé.

En conclusion, il soutiendra qu’“une autorité gouvernementale reconnue et crédible sera indispensable au succès de la réforme”. Car il faudra aussi convaincre et faire adhérer. Il faut donc aussi souligner “la nécessité d’un cadre politique obligatoirement reconnu dans son autorité, sa crédibilité et son leadership”. 
 

KAMAL OUHNIA


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