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Le pays s’enfonce dans la spirale des ingérences étrangères

La Libye étranglée

© D.R

LE PAYS S’ENFONCE DANS LA SPIRALE DES INGÉRENCES ÉTRANGÈRES
-La Libye étranglée

Le pays poursuit inexorablement son enlisement dans la crise politico-militaire. 

Entamée par l’Otan en 2011 sous le label démocratisation et défense des droits de l’Homme pour le peuple libyen, l’intervention militaire a finalement accouché d’un chaos qui s’est, au fil des années, exacerbé. Les tentatives d’organiser l’État ont vite buté sur la réalité du terrain dans un pays devenu rapidement le terreau des milices et autres groupes terroristes qui contrôlaient des territoires entiers. Le pays poursuit inexorablement son enlisement dans la crise politico-militaire. 

Le vide institutionnel est entretenu par les inconciliables rivalités tribales qui ont trouvé des parrains étrangers, eux-mêmes déjà en conflit dans la région du Moyen-Orient. Un prolongement du conflit entre deux tendances représentées d’une part, par la coalition Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Égypte, et, d’autre part, par le Qatar mais surtout par son allié, plus actif sur le terrain, la Turquie. Placée sous le slogan de la libération de la Libye de l’emprise des terroristes, l’armée dirigée par le maréchal Haftar a trouvé parrainage, armes, munitions et certainement financement, auprès des Émirats. Plus près de la frontière sud, c’est l’Égypte qui s’apprête, avec le vote par l’Assemblée de l’envoi de troupes en Libye, à attaquer les détachements du gouvernement de Tripoli soutenus par la Turquie, près de Syrte. 

Mais ce sont les Émirats qui semblent plus déterminés à mener jusqu’au bout cette guerre transposée et par procuration. Ce petit État du Golfe, déjà embourbé dans la guerre au Yémen, s’acharne indirectement contre le Qatar, son allié la Turquie, et les tenants de la doctrine des Frères musulmans. Un argument utilisé pour justifier son soutien au maréchal Haftar. Même argument pour l’Égypte pour qui les Frères musulmans sont des terroristes et que leur présence en Libye représente un danger pour sa sécurité nationale. Il y a également la Jordanie avec un rôle beaucoup plus discret.

Pour cette coalition, les intérêts sont politiques et participent de la guerre d’influence. En décembre 2019, Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, reçoit Faïez Saraj, chef du gouvernement d’union nationale, avec lequel il signe un accord autorisant l’implication militaire directe de la Turquie en soutien au GNA. Ce qui fut fait immédiatement avec l’envoi de soldats et de matériel militaire, y compris des drones utilisés contre les troupes de Haftar, repoussées de la périphérie de Tripoli jusqu’à Syrte. 

Elle est soutenue dans cet effort de guerre par le Qatar, devenu depuis plus de deux décennies, le QG des Frères musulmans. Cette intervention a fait réagir l’Égypte qui a mis ses forces armées en état d’alerte. Outre l’influence idéologique, la Turquie a surtout des intérêts économiques avec la Libye. Et pour “assouplir” les pressions exercées sur elle, la Turquie joue comme argument la carte des migrants. Et c’est particulièrement la France, du bloc hétérogène de l’Union européenne, qui tente d’infléchir la Turquie, déjà que les deux pays, membres de l’Otan, sont en conflit ouvert sur la question chypriote et la prospection du pétrole en Méditerranée orientale. Et si l’Italie est préoccupée par ses intérêts énergétiques et la question migratoire, l’Allemagne se garde aussi de prendre une position franche même si elle garde une distance avec Ankara. 

Reste à comprendre les positions de la Russie et des États-Unis, qui, ayant pour allié conjoncturel la Turquie, s’impliquent sans trop le faire même si des soupçons pèsent sur le soutien des Russes à Haftar et les États-Unis d’exercer en douceur des pressions sur Ankara. Il s’agit pour ces deux puissances d’essayer de régler le conflit mais sans trop irriter la Turquie qui demeure un acteur utile, notamment dans la crise syrienne. Sauf que le président Erdogan montre des signes d’imprévisibilité qui font qu’il ne peut bénéficier d’un quelconque soutien de ces deux puissances. Ni de leur confiance. 

 

Djilali B.

 

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CHÉRIF DRIS, PROFESSEUR EN SCIENCES POLITIQUES À L’UNIVERSITÉ D’ALGER
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