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120 personnalités, historiens et élus, ont signé une tribune en France

“La lumière doit être faite sur les massacres du 17 Octobre 1961”

© D. R.

Un  rassemblement  aura  lieu  aujourd’hui  à  Paris,  à  l’initiative  d’une trentaine d’organisations, à proximité du pont Saint-Michel, où la maire de Paris, Anne Hidalgo, avait apposé, en 2019, une plaque à la mémoire des victimes.

Deux élus municipaux français, issus de l’immigration, en l’occurrence Halima Menhoudj (Montreuil) et Mehdy Belabbas (Ivry-sur-Seine), viennent de publier une tribune “pour la mémoire et contre l’oubli” qui demande à l’État français de reconnaître sa responsabilité dans les massacres du 17 Octobre 1961. 

Cette tribune a été signée par 120 personnalités dont l’historien Benjamin Stora, chargé par le président français Emmanuel Macron de rédiger un rapport sur le contentieux mémoriel algéro-français. “Ces événements tragiques font partie de notre histoire commune, mais ils ont été effacés sciemment de notre mémoire collective.

Les livres d’histoire les évoquent peu. Cette sanglante répression doit être restituée, afin d’écrire l’histoire dans le sens de la vérité ! La lumière doit être faite sur ces actes meurtriers”, réclament les signataires.

C’est pourquoi, ils demandent que les archives soient ouvertes pour éclairer davantage sur ce qui s’est passé dans la nuit du 17 Octobre et les jours suivants, lorsque des centaines de manifestants algériens pour l’indépendance ont été jetés dans la Seine, sur ordre du préfet de police de l’époque Maurice Papon. 

Les signataires de la tribune veulent aussi que la date du 17 Octobre 1961 soit intégrée à la liste des cérémonies officielles dans toutes les villes de France et que des plaques commémoratives soient apposées dans les municipalités où les associations en font la demande.

Dans un communiqué rendu public jeudi, le Mouvement français pour la paix demande également à Emmanuel Macron de “confirmer par un geste symbolique la reconnaissance et la condamnation du crime d’État commis le 17 Octobre 1961”. Comme chaque année, certaines villes de France, dirigées par la gauche et les écologistes, commémorent les massacres. 

Un grand rassemblement se tiendra notamment à Paris, aujourd’hui, à 18h, à l’appel d’une trentaine d’organisations dont l’Association Josette-et-Maurice-Audin, ainsi que des syndicats et trois parties politiques : Gauche démocratique et sociale (GDS), le Parti communiste français (PCF) et le Parti de gauche. La manifestation se déroulera à proximité du pont Saint-Michel, où la maire de Paris, Anne Hidalgo, avait apposé, en 2019, une plaque à la mémoire des victimes.

À Aubervilliers (foyer de l’immigration algérienne au nord de Paris), en revanche, la municipalité a décidé, pour la première fois cette année, d’occulter les commémorations. Dans ce bastion communiste tombé dans les mains de la droite en juin dernier, la maire Karine Lanclet a indiqué vouloir s’en tenir au calendrier officiel des cérémonies.

Les partis de gauche de la ville ont vivement réagi en accusant l’édile de trahir la mémoire locale. “Beaucoup d’habitants de notre ville ont manifesté, fui, sauvé, aidé ou ont été tués dans l’horreur d’un moment terrible de notre histoire. C’est dans le canal de Saint-Denis que le corps de Fatima Bedar a été retrouvé. À 16 ans, elle est la plus jeune victime connue de ce massacre”, ont souligné les élus. 

Longtemps passée sous silence, la répression sanglante des massacres du 17 Octobe 1961 a été admise pour la première fois au sommet de l’État par François Hollande en 2012. L’ancien président avait souligné que “la République reconnaît avec lucidité” les faits.

Il avait également salué la mémoire des victimes. Pour autant, Hollande a, comme tous ses prédécesseurs à l’Élysée, refusé de qualifier les massacres de crime d’État.
 

Samia LOKMANE-KHELIL

 


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