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Hausse sensible des prix des fruits et légumes à la veille de l’Aïd El-Adha

La mercuriale embrase les marchés

© Archives Liberté

Alors qu’ils s’étaient stabilisés à la fin du Ramadhan, les prix des fruits et légumes sont devenus, en l’espace d’une journée, inaccessibles aux petites bourses.

Comme à l’accoutumée, à l’approche des fêtes religieuses, la mercuriale des produits agricoles frais prend son envol dans les marchés de toutes les contrées du pays. À la veille de l’Aïd el-Adha, les prix des fruits et légumes enregistrent une flambée après avoir connu une courte stabilité depuis la fin du mois de Ramadhan. Au marché de Birkhadem, à deux jours de la fête, les clients ne se bousculent pas au portillon. Certains étals sont vides, leurs propriétaires absents. 

“Ils sont allés fêter l’Aïd chez eux au bled”, répond un marchand que nous avons interrogé. Les prix de quelques produits agricoles frais subissent une hausse incroyable. L’on cite la courgette qui est affichée à… 300 DA le kilogramme ! Ce légume était, il n’y a même pas une semaine, vendu à 60 DA dans tous les marchés de proximité et chez les marchands ambulants. Le prix a tout simplement été multiplié par 5. Les haricots, dont ce n’est pas encore la fin de saison…, pour reprendre l’expression consacrée, sont proposés à 280 DA. 

Le prix de ce produit ne dépassait pas les 120 DA, il y a encore quelques mois. Interrogé sur cette envolée exagérée des prix de ces deux produits, un jeune détaillant répond : “Ce sont deux légumes très prisés la veille de l’Aïd car ils sont utilisés dans les menus spécifiques aux fêtes religieuses.” 
Les quelques clients, la soixantaine révolue, qui font le tour de cet espace commercial, ne cachent pas leur étonnement quant à cette envolée ahurissante des tarifs. Certains ont été stoppés net par cette augmentation.

Visiblement dissuadés et ayant perdu espoir de s’offrir quelques légumes, ils ont fini par rebrousser chemin le panier quasiment vide. “L’on ressent de manière palpable cette flambée, elle doit sûrement dépasser en moyenne les 25%”, lance l’un d’eux. “Je pèse bien mes mots car je suis un habitué des lieux”, avance-t-il. La somme qu’il a prévue pour les achats reste, pour lui, insuffisante. “Hormis quelques provisions, je n’ai pas acheté grand-chose”, relève un autre citoyen, retraité depuis quelques années.

“En termes de tarifs pratiqués, l’on ressent une grande différence entre la situation actuelle du marché et celle d’il y a à peine une semaine”, avoue un citoyen rencontré devant les étals. La carotte qui se vendait à 40 DA est proposée ici à 100 DA. La pomme de terre est passée de 45 DA, il y a une quinzaine de jours, à 75 et 80 DA aujourd’hui ! Pourtant, les pouvoirs publics ont élaboré toute une stratégie pour ce produit, notamment le déstockage au sein des chambres froides, afin de réguler le marché et d’endiguer la flambée qui le caractérise régulièrement sur le marché. 

Les méfaits de l’érosion du pouvoir d’achat
L’ail demeure inaccessible car il est proposé à 500 DA. L’on se demande où est passée toute la production annoncée en grande pompe par les responsables du secteur agricole ? Le concombre est à 120 DA, alors que son prix se situait entre 40 et 60 DA auparavant. La tomate est commercialisée entre 60 et 100 DA. Le poivron, qui avoisinait les 80 DA, est cédé à 100 DA. La tarification des aubergines et des betteraves connaît apparemment une stabilité puisqu’elles sont affichées chacune à 50 DA. C’est le cas aussi de l’oignon qui est proposé à 35 DA. Les fruits, en revanche, n’ont pas connu une hausse considérable. 

Le raisin, la pastèque, le melon, la nectarine…, pour ne citer que ceux-là, sont affichés respectivement à 200 DA, 45 DA, 75 DA, 150 DA. Une tarification restée quasiment inchangée. Si le poulet est proposé à 430 DA/kg, la viande rouge, quant à elle, est cédée à 1 400 DA, ici à Birkhadem. Plusieurs personnes âgées, visiblement des retraités, ont rebroussé chemin, après avoir cnstaté les prix inaccessibles des fruits et légumes, ainsi que ceux des autres produits sur les étals qui ont enregistré une hausse de 20%.

Par ailleurs, le marché de la cité La Concorde de Bir-Mourad-Raïs a été vidé à la fois de ses commerçants et de ses clients. Le fait saillant observé dans l’enceinte de ce marché a trait à l’absence saisissante de l’offre. Les tables sont vides. “Les marchands ont d’ores et déjà évacué les lieux pour aller préparer la fête”, affirme un commerçant présent dans ce marché. Cela serait peut-être dû au départ des ouvriers pour aller fêter l’Aïd chez eux dans leurs wilayas à l’intérieur du pays, et de ce fait, les agriculteurs ne trouvent pas de main-d’œuvre pour la récolte de leur production. Rares sont les citoyens qui sortent avec des sachets remplis de produits. 

“Ce qui dénote du manque d’approvisionnement flagrant de cet espace commercial en différents produits depuis plusieurs jours”, dit un détaillant. À quelques dinars près, les prix pratiqués ici sont identiques à ceux du marché de Birkhadem. “Les tarifs des produits alimentaires, surtout les produits agricoles frais, sont inabordables au marché”, constate un client.  Pour lui, la baisse vertigineuse du pouvoir d’achat a rendu de plus en plus difficile aux citoyens de s’approvisionner en ces produits alimentaires.

 


Badreddine KHRIS


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