Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Poursuite de la contestation populaire, prévention de la fraude et délais courts

La mission improbable de Charfi

© D. R.

Malgré toutes les incertitudes qui planent sur la tenue du prochain scrutin présidentiel, l’Autorité nationale indépendante des élections semble engager une véritable course contre la montre pour réunir les conditions de la tenue d’“une élection honnête, exempte de la fraude qui menaçait la crédibilité de l’État auparavant”, selon son président, l’ex-ministre de la Justice sous le régime de Bouteflika, Mohamed Charfi.

À cinquante jours de la date fatidique du scrutin, force est d’admettre que la mission de l’Autorité ne s’annonce pas de tout repos, en dépit de toutes les actions entreprises jusque-là et des professions de foi de son premier responsable. Dans un contexte politique marqué par une mobilisation toujours intacte de pans entiers de la population rejetant la tenue de l’élection présidentielle, et au-delà de la nécessité de réunir des conditions de sécurité et de sérénité dans lesquelles devrait se dérouler le scrutin, le principal défi auquel est confrontée cette autorité demeure sans aucun doute l’élimination de toutes les niches de fraude susceptibles de biaiser le processus électoral. Vaste chantier exigeant de nombreux paramètres dont le plus important est le rétablissement de la “confiance” dans la machine administrative — même si, dit-on, elle en est exclue —, réussir ce défi en si peu de temps relève de la gageure. Non seulement la révision du fichier électoral ne s’est pas faite dans la transparence, mais les conditions d’une compétition politique saine basée sur l’ouverture du champ politique et médiatique et une stricte neutralité de tous les agents impliqués dans l’organisation du scrutin ne sont pas de nature à chasser toutes les appréhensions.

Signe déjà de la difficulté de la mission : après l’expiration du délai fixé initialement au 6 octobre dernier, la révision exceptionnelle des listes électorales a dû être prolongée pour “répondre à la forte affluence des jeunes”, selon Charfi, tandis que la prérogative de légalisation des formulaires de souscription des signatures a été élargie aux délégués communaux, aux délégués spéciaux, aux officiers de l'état civil au niveau des APC et des annexes, ainsi qu'à tout autre fonctionnaire portant délégation ou habilitation. Mais compte tenu de la controverse qui a entouré les conditions de sa mise en place, du maintien d’un gouvernement désigné par le président déchu ainsi que des mêmes walis et des chefs de daïra, du rôle que pourraient jouer les résidus du système, du silence sur le vote des corps constitués, nul doute que la maîtrise du processus pour conférer au scrutin les conditions d’“honnêteté et de transparence”, en un temps si court, s’annonce improbable.

Histoire de rassurer les plus sceptiques, Mohamed Charfi a annoncé que l’Autorité a mis en place “une méthode de prévention de la fraude”, mais dont il n’a pas divulgué la nature. Seule précision : elle n’a jamais été utilisée en Algérie, ni dans d’autres pays. “Si la démocratie impliquait la tenue d’élections, l’Algérie devrait alors aller vers cette option, même si, par le passé, nous avons connu des élections à la Naegelen”, avait admis, lors de l’ouverture de l’année judiciaire 2011-2012, le président déchu. On sait ce qu’il adviendra pour les scrutins suivants. 

 

K. K.



Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER