Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

un 5e mandat pour des aménagements constitutionnels et des réformes économiques

La pari intenable du pouvoir

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, partant pour un 5e mandat. © D. R.

Exposé au spectre d’une grave crise économique, le régime est ainsi appelé à opérer des révisions déchirantes et des réformes qui risquent de s’avérer douloureuses pour la population.

C’est sans doute l’une des annonces phares contenues dans la lettre de candidature attribuée au président de la République, Abdelaziz Bouteflika : l’organisation d’une conférence, ouverte à tous, pour trouver un consensus autour d’une série de réformes qu’il compte engager s’il venait à être réélu. “(…) Si vous m’honorez de votre confiance précieuse, le mois d’avril  prochain, j'inviterai dès cette année toutes les forces politiques, économiques et sociales de la nation à une conférence nationale consacrée à la concrétisation du consensus sur les réformes et les changements que notre pays devra engager (…)” “Outre l'élaboration d'une plateforme politique, économique et sociale, la conférence nationale pourra aussi proposer un enrichissement profond de la Constitution (…) Les propositions que dégagera la conférence nationale me seront soumises pour leur concrétisation par les voies appropriées.” Au regard de la terminologie usitée et de la nature des chantiers envisagés, on retrouve ce qui a été éventé, par doses homéopathiques, par des représentants du pouvoir et leurs relais. C’est le cas, par exemple, de la réforme de la Constitution dont le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, avait fait état en juin dernier devant la Chambre basse du Parlement.
Il y a également la nécessité de la révision du système des subventions évoquée quelques semaines plus tôt par les pouvoirs publics alors qu’ils étaient sous le feu des critiques du FMI. Autres annonces formulées dans un passé récent : l’idée du consensus que des partis proches du pouvoir se sont “employés”, sans succès, à “vendre” à l’opposition et quelques “gestes” destinés à calmer les potentiels foyers de tension, comme l’officialisation de Yennayer et la mise en place de l’académie pour tamazight. Parallèlement, un texte de loi d’une extrême importance pour les investisseurs étrangers s’élabore en catimini : la loi sur les hydrocarbures. En annonçant son souhait d’aller à une conférence pour dégager un consensus autour d’une série de réformes, le régime de Bouteflika ne fait que décliner une “feuille de route” concoctée depuis de longs mois et destinée probablement à organiser la succession en douce, assurer sa pérennité, mais sans céder sur l’essentiel : la démocratisation. Exposé au spectre d’une grave crise économique, le régime est ainsi appelé à opérer des révisions déchirantes et des réformes qui risquent de s’avérer douloureuses pour la population. Si au plan politique — au-delà de la rituelle manœuvre de vider de sa substance la revendication de l’opposition concernant la construction d’un consensus —, il s’agit d’aller à des aménagements constitutionnels pour parer à une éventuelle disparition brutale de Bouteflika ou à tout le moins mettre en place les mécanismes pour passer le relais sans encombre, au plan économique et social, il s’agira de “faire avaler” la pilule de la nécessité de mesures “inévitables”.
Il sera aussi, à travers un nouveau cadre juridique (monnaie d’échange en contrepartie d’une caution au cinquième mandat ?), question de rassurer les partenaires étrangers préoccupés, en témoigne l’activisme des diplomates des puissances étrangères, particulièrement ceux des États-Unis, de France, de Grande-Bretagne et d’Espagne. Et la profession d’aller à un consensus ne sera qu’un habillage pour bénéficier d’une espèce de caution à la “nouvelle feuille” de route. Deux inconnues, cependant : comment le régime peut-il convaincre de la “sincérité” de ses intentions pour réaliser ce qu’il n’a pu faire en 20 ans ? Et quelle sera la réaction de la population, d’apparence résignée, mais qui risque de ne pas accepter de nouvelles épreuves ?


Karim Kebir

 



Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER