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Le plan d’action du gouvernement consacre un chapitre à la presse

La problématique de la publicité occultée

Un choix de la presse écrite sur les étalages. ©D. R.

Dans l’acception du gouvernement, l’accès à l’information ne signifie pas la libération de l’accès aux sources, mais juste une mise à disposition intéressée d’une information officielle sélectionnée.

Dans son plan d’action qu’il présentera prochainement devant le Parlement, le gouvernement Ouyahia promet de “consolider” la liberté de la presse et de satisfaire le droit du citoyen à l’information. Pour ce faire, il mise notamment sur la mise en place “sans délai” de l’Autorité de régulation de la presse écrite (ARPE) ainsi que la réactivation du Fonds de soutien à la presse écrite, “dans la transparence et dans le cadre d’un cahier des charges de service public”. L’objectif étant, précise-t-on dans le même plan d’action, de “veiller au respect de la liberté de la presse écrite, audiovisuelle et sur les réseaux sociaux, dans le cadre de la loi et de veiller aussi au développement des médias nationaux dans leurs diverses composantes dans le respect de l'éthique et de la déontologie professionnelle”. Mais aussi pour que “la libre diffusion des informations, des idées, des images et des opinions s’exerce dans le respect des constantes et valeurs religieuses, morales, et culturelles de la nation, ainsi que dans le respect des droits individuels des citoyens notamment leurs vies privées et leur honneur”. Comme pour faire respecter ces règles prédéfinies, le gouvernement Ouyahia promet de doter l’ARPE de moyens, sans les préciser, pour, dit-il, accomplir sa tâche “efficacement”. Il s’engage en même temps à doter de “moyens nécessaires” l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav). Une Autorité, créée en 2015, du temps du gouvernement Sellal, dont Ouyahia avoue implicitement l’inefficacité. S’agissant du Fonds de soutien à la presse, le gouvernement Ouyahia souligne que ce dernier sera réactivé “dans la transparence et dans le cadre d’un cahier des charges de service public”. En attendant l’établissement de ces cahiers des charges, le gouvernement ne précise pas pour l’instant les conditions d’éligibilité à ce Fonds. Le plan d’action du gouvernement ne fait nulle référence à la question de la publicité. Une occultation qui ne pourrait qu’être volontaire, car le pouvoir ne semble pas convaincu de lâcher le monopole sur la publicité, celle institutionnelle notamment dont la gestion reste l’apanage exclusif de l’Anep. Sa répartition obéit à des critères politiques, autrement dit subjectifs. La publicité publique distribuée par l’Agence nationale d’édition et de publicité (Anep), a toujours constitué un moyen de pression sur les médias, donc une entrave à la liberté d’expression. S’il évoque, par ailleurs, la problématique de l’accès à l’information, le plan d’action du gouvernement n’y mentionne pas d’engagements concrets. Tout juste s’il souligne la volonté de “veiller à promouvoir l’obtention par les médias des informations, documents, statistiques et leur circulation au bénéfice des citoyens”. Il promet même la promulgation d’une loi qui, dit-il, “encadrera cette innovation de sorte qu’elle soit exercée dans la préservation de la vie privée et des droits d’autrui, des intérêts légitimes des entreprises, ainsi que dans le respect des exigences de la sécurité nationale”. Considérée comme une “innovation”, la projection du gouvernement en matière d’accès à l’information, le gouvernement Ouyahia confirme les difficultés qu’il y a à y accéder. D’ailleurs, dans la compréhension du gouvernement, l’accès à l’information ne signifie pas la libération de l’accès aux sources mais juste une mise à disposition intéressée d’une information officielle sélectionnée. Preuve en est, la recommandation du président Bouteflika qui, lors du dernier Conseil des ministres, a appelé le gouvernement à “accompagner ses efforts d'une communication dynamique tendant à expliquer le sens véritable des réformes à venir afin d'y faire adhérer la société”. Ainsi, l’exhortation du gouvernement à communiquer traduirait plutôt une volonté de préparer le peuple à l’austérité qu’à faciliter l’accès à l’information aux médias, encore moins à la société.

Farid Abdeladim


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