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Étudiants désorientés, diplômes au rabais, faiblesse de l’encadrement…

La régression profonde de l’université

L’Institut français d’Alger pris d’assaut par des centaines d’étudiants. ©D. R.

Des rapports d’enseignants inquiets attestent de la régression de l’université d’année en année.

Des centaines, voire des milliers, d’étudiants ont pris d’assaut, avant-hier, l’Institut français d’Alger (IFA), afin de s’inscrire pour un test de maîtrise de la langue française. Venus des quatre coins du pays, ces étudiants sont tous en quête d’un visa d’études. C’est ce fameux sésame qui leur permettra de poursuivre leurs études dans les universités de l’Hexagone. Ces jeunes ont tous fait leurs premiers pas à l’université algérienne, ou ils s’apprêtaient à s’y inscrire, mais ils conçoivent leur avenir scientifique ou professionnel ailleurs. Les raisons de cet exode sont multiples. À commencer par la situation générale de l’université algérienne. Jadis, lieu de rayonnement intellectuel et terreau du savoir, l’université a perdu de son aura. Une institution délabrée qui ne fait plus la fierté des gens qui la fréquentent, comme c’était le cas durant les années 70 et 80. L’université algérienne est sinistrée. Les scandales qui l’éclaboussent renseignent sur un état des lieux des plus inquiétants : enseignants cooptés, étudiants désorientés, diplômes commercialisés, déficit en matière de formation et d’encadrement, mauvaise gouvernance… Toutes ces conditions auxquelles se greffe, objectivement, la situation générale du pays, elle, également, peu reluisante. L’université algérienne a perdu son lustre d’antan. En témoignent les rapports accablants d’enseignants inquiets de voir l’université régresser d’année en année. Des rapports qui font froid dans le dos.
Ils évoquent, à l’unanimité, une déchéance de l’université algérienne. Ces rapports soulignent l’absence de vision globale et de plan stratégique pour sauver ce qui peut l’être de l’université. Ils ont tiré la sonnette d’alarme sur une situation quasi chaotique qui a fait que cet espace ne suit plus les mutations rapides et profondes de l’enseignement supérieur à travers le monde. Ils ont relevé l’absence totale d’une réflexion sur “l’encouragement à la recherche scientifique en harmonie avec les défis de la mondialisation” pour en faire “une université compétitive au service du développement culturel, social et technologique”, afin d’en faire “un terrain fertile pour la recherche et l’innovation”. Les mêmes rapports relèvent, également, le fait que les enseignants, dans leur grande majorité, “ne sont guère impliqués ou concernés ni par la recherche scientifique ni par le devenir de l’université”. Cela est provoqué par “une démotivation intellectuelle ou heuristique”, qui plombe toute initiative de la part du corps professoral, lui-même livré à une bureaucratie mortifère et un environnement hostile. Cependant, la faillite de l’université ne peut être expliquée par le seul fait de la dégradation de la situation interne à cette institution. Les différentes politiques expérimentées depuis quelques décennies en sont aussi la cause. Il est évident qu’un enseignant parasite ou un responsable omnipotent ne sont pas faits pour relever tous les défis qui s’imposent à l’université. Ils constituent, comme plein d’autres ingrédients, la source d’un malaise qui range un espace censé être le poumon de tout un pays. L’on ne s’étonne donc pas d’assister à ces cohortes d’étudiants s’affairer pour l’obtention du quitus qui leur permettra de suivre des formations de post-graduation ailleurs. Des études qui ne sont pas une sinécure pour la plupart d’entre eux. Ils y vont, malgré tout. Sûrement parce qu’on ne leur a pas laissé le choix.

Mohamed Mouloudj

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Commentaires
1 réactions
Brahms le 31/10/2017 à 16h42

Ce sont de faux prétexte, des alibis frauduleux. Tous ces jeunes ont en réalité des rendez - vous avec des hommes ou des femmes via Facebook, Twitter, Instagram donc pour venir en France, ils leur faut un motif. Ils disent à leur entourage qu'ils vont étudier en France mais une fois partis, ils iront vaquer à d'autres occupations afin de se marier avec des tiers rencontrés sur internet juste pour rester en France.

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