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MARCHEs POPULAIREs DU 15 MARS

La révolte du peuple analysée par la presse internationale

La presse internationale a consacré de larges colonnes pour la marche de vendredi qui avait drainé des millions d’Algériens, mobilisés pour exiger le départ du système du président Bouteflika et le rejet en bloc des propositions formulées par son Premier ministre et l’énigmatique mission de Lakhdar Brahimi. Sous le titre “Algérie : la Révolution du sourire emporte le pays”, Médiapart a relevé que “plus nombreux encore que le 8 mars, des millions d’Algériens ont défilé vendredi 15 mars dans toutes les villes du pays contre Bouteflika et le système. Cette immense marée démocratique laisse le pouvoir K.-O. debout”. Ce magazine en ligne ajoute que “cette fois, c’est établi, l’Algérie est bien entrée en révolution, un événement d’une ampleur sans précédent depuis l’indépendance du pays en 1962. C’est une révolution inédite qui est engagée, celle d’un pacifisme obsessionnellement mis en avant, celle du rire, de l’humour et de la détermination d’une jeunesse débordante d’inventivité face à un pouvoir comme momifié”. L’hebdomadaire Marianne a consacré une tribune pour l’historien Benjamin Stora qui a estimé que “la jeunesse algérienne veut la transparence et la modernité” et qu’“on constate que le pouvoir s’est réduit à peu de chose : la famille du Président, quelques militaires et des hommes d’affaires”. Le quotidien L’Express, qui titre “Algérie : vers un changement de clan, pas de système”, note que “le pouvoir a décidé de rester obstinément le maître du jeu. Ce qui, en l’absence de clarté et d’informations supplémentaires, permet de se référer à des lois générales observées par les régimes autoritaires hybrides. Dans ce cadre-là, on peut assister à un changement de clan, mais pas à un changement de système”. Car, selon la même source, “il n’existe pas d’autre système susceptible de tenir le pays. Autrement dit, les caciques peuvent se débarrasser de Bouteflika sitôt qu’ils lui auront trouvé un successeur présentable. Il leur suffira de désigner des coupables à la vindicte populaire, d’entreprendre une chasse à la corruption bien orchestrée pour protéger les puissants et d’évoquer un grand tournant”. Quant à L’Orient-le-Jour, celui-ci relève que “c’est en effet la première fois, depuis les tourbillons festifs ininterrompus liés à son accès à l’indépendance en juillet 1962, que l’ensemble du peuple algérien s’est spontanément mobilisé dans une incomparable ambiance de consensus autour d’un mot d’ordre simple, clair et net : non à un cinquième mandat du président Bouteflika !”, tout en affirmant qu’en Algérie, c’est “la fin du pacte social rentier”. Dans un entretien au journal Le Parisien, le président de l’Observatoire des pays arabes (OPA), Antoine Basbous, analyse que “les piliers du pouvoir ne sont plus solides”. Pour ce politologue, les mesures annoncées par Bouteflika n’ont donc pas convaincu. “L’opération enfumage n’a pas marché, le bluff a tourné court et le recyclage de la vieille garde n’a pas pris. Les trois piliers du pouvoir (Noureddine Bedoui, Ramtane Lamamra et Lakhdar Brahimi), qui s’exprimaient jeudi, se sont montrés à court d’arguments. Personne dans la majorité n’est venu à leur secours : ça ne va pas fort.” De son côté, L’Humanité, sous le titre “Algérie : un grand peuple face à des dirigeants indignes !”, déplore que “Bouteflika se soit livré à un tour de passe-passe diabolique. Il reste au pouvoir en se posant comme architecte suprême du changement. Il se permet même le luxe de confier la direction de l’Exécutif à son ex-ministre de l’Intérieur, lequel s’est jusque-là distingué par une répression sauvage des praticiens de santé en grève, qui a ordonné la matraque systématique sur le moindre petit groupe de manifestants”.  

FARID BELGACEM


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