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POUR ATTÉNUER LES PERTURBATIONS DE L’ALIMENTATION EN EAU POTABLE DANS LA CAPITALE

La Seaal change de stratégie

© D. R.

L’entreprise va  recourir  à l’exploitation  des  vannes  qui  sont  des organes de  sectionnement  et/ou  de  régulation  de  la  distribution,  et  prendra désormais en charge les  systèmes  d’eau  gérés, jusque-là, par l’AADL, les OPGI...

Face aux perturbations de plus  en  plus persistantes dans l’alimentation en eau  potable  (AEP)  dans  le  Grand  Alger,  la  Société  des  eaux  et  de l'assainissement d'Alger (Seaal) cherche des solutions urgentes à même de contenir le mécontentement de la population.

Sans eau durant plusieurs jours, les citoyens de divers quartiers de la capitale ont eu recours à des actions de protestation allant jusqu’à barrer la route à la circulation automobile, fermer les bureaux de responsables locaux, organiser des sit-in devant les sièges d’APC ou de daïra… pour exprimer leur ras-le-bol et réclamer leur droit à une certaine quantité d’eau.

Ils savent pertinemment que le volume d’eau potable disponible est insuffisant. Ils ne demandent, de ce fait, que l’exécution stricte du nouveau programme de rationnement d’AEP tracé, mais surtout le respect des plages horaires de distribution fixées par les autorités. Ils sont conscients que les faibles quantités emmagasinées doivent être partagées par les millions d’Algérois.

Interrogé sur les véritables raisons à l’origine de cette alimentation par intermittences d’eau potable, un responsable de la Seaal explique que cela est dû à la baisse inhabituelle et inquiétante du niveau des stocks d’eau, conséquence d’une faible pluviométrie depuis plus de trois ans. Une chose est certaine, l’Algérie est classée 29e pays au monde souffrant de stress hydrique.

Et les changements climatiques consolident son profil de pays semi-aride, voire aride. “Il y a plusieurs mois, la Seaal gérait un volume de consommation régulier de 1,2 million de m3/jour, dont 60% sont issus des barrages, 20% des unités de dessalement et 20% des eaux souterraines”, souligne-t-il. Depuis quelques mois, cependant, les stocks ont diminué à moins de 800 000 m3/jour, affirme-t-il. Le taux de remplissage des barrages a chuté à 14%...

Pis encore, l’on craint même un “volume mort” qui signifie que l’ouvrage a atteint le sol et qu’il n’y a plus de ressource ! À propos des plages horaires non respectées et de la distribution aléatoire, voire anarchique de l’eau, ce cadre l’explique en partie par l’air qui s’introduit dans les canalisations vides qui bouche ces dernières et limite le débit de l'eau, et parfois bloque carrément l’écoulement.

“Le réseau reste vide et l'air présent se condense au niveau des points hauts dès réouverture des vannes”, précise-t-il. “C’est pour cette raison que l’on a constaté qu’un quartier entier est desservi, mais que l’une des cités ne reçoit pas d’eau. Parfois, toute une cité est alimentée sauf un immeuble…”, argue-t-il. D’où la nécessité d’utiliser les ventouses qui protègent le réseau en chassant l’air de ces conduites. 

Un déficit de 60% en AEP difficile à combler
“Nous devons combler un déficit de 60% en AEP actuellement”, constate notre source. Or, pour sécuriser la capitale et mettre fin à toutes ces perturbations, relève ce responsable, il faut constituer un stock avoisinant les 5 millions de m3/jour. Une solution difficilement réalisable, notamment en cette période de grande sécheresse. Ce qui a contraint la Seaal à opter pour d’autres moyens.

La société a jeté son dévolu sur la “gestion de proximité” de toute cette problématique. “Cela consiste à sectoriser les quartiers à travers une gestion idoine et équilibrée des vannes”, précise notre interlocuteur. “Quand l’eau coulait à flots, la Seaal utilisait aisément les stations de pompage pour alimenter la population. Aujourd’hui, l’on recourt à l’exploitation des vannes qui sont des organes de sectionnement et/ou de régulation de la distribution”, ajoute-t-il.

Les robinets-vannes sont généralement installés à l’extérieur, enterrés, dans les chambres de vannes ou dans les bâtiments. La société, SPA détenue à 70% par l'Algérienne des eaux (ADE) et à 30% par l'Office national de l'assainissement (ONA), vient de répertorier, jusque-là, quelque 250 vannes.

“Chaque vanne est codifiée et a un responsable nommé et un numéro de téléphone”, indique notre source. D’autres vannes seront également recensées et exploitées dans les prochains jours. Chacune des 57 communes d’Alger a, désormais, un chef de secteur. Et chaque daïra dispose d’un centre d’AEP.

Dès l’apparition  d’un  point  noir, la  Seaal  le  zoome  et  intervient  pour le réajuster.  Par ailleurs, la Seaal compte  réduire  ce  déficit en accélérant le programme de forage, en cours d’exécution, arrêté par les pouvoirs publics.

Elle s’appuie aussi sur l’apport  des petites  unités de dessalement de l’eau de mer de type monoblocs d’une capacité de production se situant entre 50 à 100 000 m3, rapidement constructibles. L’autre décision prise a trait au transfert de l’exploitation et de la gestion des bâches à eau mises en place dans les cités AADL,   OPGI  et  ENPI  à  la  Seaal, “afin   d’éviter  une   gestion   bicéphale”, explique-t-on. 

Cela dit, l’on demande aux citoyens des parties basses de fermer les robinets dès que possible, afin que leurs voisins des étages supérieurs puissent à leur tour être alimentés convenablement. “Notre challenge, c’est de pouvoir bien gérer cette période de juillet à août, sinon, à compter des mois de septembre et d’octobre, une  bonne  partie  de  ce  déficit  sera réglée et la situation va s’améliorer”, promet ce cadre de la Seaal.
 

Badreddine KHRIS


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