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Des actions de rue interdites et des militants harcelés

La tentation répressive menace le soulèvement

La police anti-émeutes bloquant, hier, l’entrée du siège de l’EPTV. © D.R

Plusieurs tentatives de faire avorter les manifestations publiques sont enregistrées depuis quelques jours. À commencer par l’interdiction faite à des citoyens de rejoindre la capitale vendredi dernier.

La répression sera-t-elle opposée au mouvement de rue ? Cette tentation menace le soulèvement citoyen contre le système politique. Depuis quelques jours, les autorités publiques donnent des signes de vouloir en finir avec la protestation citoyenne en essayant de donner corps à cet attrait pour le répressif qui constitue leur politique de prédilection. Plusieurs tentatives de faire avorter des manifestations publiques sont enregistrées depuis quelques jours. À commencer par l’interdiction faite à des citoyens de rejoindre la capitale vendredi dernier. Un dispositif sécuritaire avait fermé tous les accès à la capitale, afin d’empêcher des citoyens de prendre part à la manifestation hebdomadaire du vendredi. Les gendarmes, mobilisés ce jour-là à l’entrée est de la capitale, avaient fait usage de bombes lacrymogènes pour repousser ces citoyens hors de la capitale. À cette velléité s’était ajoutée la répression dont ont été victimes des syndicalistes de l’UGTA qui tenaient un sit-in de protestation devant le siège de la Centrale syndicale à Alger. Ils ont été embarqués manu militari par les forces anti-émeutes dont l’important dispositif a été renforcé à cette occasion. Le lendemain, c’est le sit-in d’une association de protection des animaux qui a été tout simplement interdite à la Grande-Poste d’Alger. Hier, ce sont les fonctionnaires de la télévision publique, EPTV, qui ont été interdits de quitter le siège de la télévision pour protester contre la gestion biaisée de l’information par le média. Hier après-midi, un sit-in a été réprimé et des manifestants embarqués par la police. Il faut aussi rappeler que des activistes, des militants politiques et des défenseurs des droits de l’Homme sont arrêtés ou harcelés depuis une semaine. Le cas de l’avocat Salah Dabouz illustre parfaitement cet état de fait, sinon, comment expliquer que le procureur émet contre lui un mandat d’amener alors que l’affaire, dit-on, remonte à plusieurs mois ? Des informations évoquent une instruction du ministère de l’Intérieur qui aurait ordonné aux services de sécurité d’empêcher toute action de rue sauf les vendredis. Avec ces données, c’est le doute sur l’intention de réprimer qui se dissipe. Si les autorités décident de reprendre leur sport favori, à savoir la répression, la raison ne peut être liée à une quelconque atteinte à l’ordre public, mais les raisons sont à chercher dans la volonté d’en finir avec la protestation citoyenne. Toutes les actions enregistrées jusque-là n’ont pas été autorisées, particulièrement à Alger où elles sont officiellement interdites depuis la marche du 14 juin 2001. Le civisme et la maturité qui ont marqué les manifestations depuis le 22 février démentent toute allégation des autorités quant au risque d’atteinte à l’ordre public. Il est donc à craindre que c’est la mobilisation citoyenne qui est dans la ligne de mire des pouvoirs publics. Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense, qui a promis et s’est engagé à accompagner le mouvement populaire, prendra-t-il le risque de recourir au châtiment pour casser le mouvement ? Au nom de quel artifice légal, lui qui se réfère constamment à la Constitution, tentera-t-il de saborder la mobilisation qui a libéré le citoyen de plusieurs décennies de soumission et de bâillonnement ? Le recours à la matraque ne fera qu’exacerber la situation et confirmera les doutes que d’aucuns émettent sur la volonté des hommes du système de répondre favorablement à la rue. À savoir leur départ tel qu’exigé depuis plus d’un mois par des millions d’Algériens. 


Mohamed Mouloudj


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