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Les exportations dE vin reprennent vers le Canada

La traversée atlantique du bon cru d’Algérie

Après une absence de 4 années, la vin algérien, très apprécié au Canada, fait sa réapparition. ©D. R.

Il est établi que le label ONCV a bonne presse au Québec. Sa réputation demeure intacte.
Il peut se vendre de nouveau, après une absence de quatre ans.
Dans des containers spéciaux, des palettes, avec 70 cartons de vin, sont déchargées au port avec la précision d’un horloger sous l’œil vigilant du transitaire qui veille au grain. Après 15 jours de traversée atlantique, celui-ci a acheminé la marchandise du port d’Alger jusqu’à Montréal, après une opération de transit au port de Marseille, où la marchandise a dû “passer” trois nuits, le temps de trouver un bateau en partance pour le Canada. Bien entendu, la marchandise doit être exportée avec des normes internationales très rigoureuses. Mandaté par l’Office national de commercialisation des produits vitivinicoles (ONCV), le transitaire établi à Marseille a fait un transbordement et prend en gérance la marchandise jusqu’à l’entrepôt de la Société des alcools du Québec (SAQ), l’équivalent de l’ONCV algérien. Les formalités douanières expédiées, les cartons sont prêts à être livrés. Mais le transitaire, qui a suivi tout le processus d’exportation, refuse de laisser sortir les cartons de vin, toujours gardés en entrepôt de sous-traitance. La raison ? Un problème bureaucratique, comme savent en provoquer les banques algériennes, risque de faire capoter le projet d’exportation du vin d’Algérie. “Comment se fait-il que le produit de l’ONCV arrive à Montréal et que le transitaire ne soit pas encore payé ?”, s’interroge Farid Salem, directeur de Développement Arcomi, une entreprise de consulting et de conseil en commerce international, chargée de l’exportation au Canada du produit ONCV. Or, la SAQ, qui a passé commande à l’ONCV, refuse de payer tant qu’elle n’a pas réceptionné la marchandise dans ses entrepôts. “Pourtant, l’ONCV a fait le versement à la banque”, affirme M. Salem qui précise que la commande est arrivée avec cinq jours de retard. Comme le transitaire n’a pas encaissé son chèque, la marchandise est bloquée au port de Montréal, dont l’administration a facturé 170 dollars de pénalités par jour. Et tant que le virement n’est pas perçu par le transitaire, ce dernier refuse d’envoyer les connaissements (documents originaux de dédouanement) à la SAQ. C’est dans ce fouillis bureaucratique causé par un retard de la Banque d’Algérie qui n’a pas fait le virement à temps à la banque du transitaire qu’intervient le représentant de Développement Arcomi. Celui-ci a dû payer à la place de la banque pour éviter d’autres pénalités. “C’est la seule solution. Car, si l’ONCV avait refait une nouvelle autorisation de paiement à la banque, ça aurait pris plus de trois semaines, avec un prix plus cher en sus des pénalités. C’est pourquoi il est important pour l’entreprise exportatrice d’avoir un représentant dans le commerce international pour suivre le processus d’exportation”, explique M. Salem qui dénonce au passage la bureaucratie bancaire.

Un bon cru
Maintenant, les cartons de vin peuvent être acheminés dans les entrepôts de la SAQ. Mais, l’aventure, plutôt la mésaventure, n’est pas terminée pour autant. Le vin doit faire l’objet d’analyses de contrôle dans le laboratoire de la SAQ qui ne paie qu’après réception de la marchandise. Les analyses sont concluantes, fort heureusement. Se dresse maintenant un autre écueil : il faut trouver preneur pour la marchandise dans un délai de trois mois. Pour passer une nouvelle commande, il faut liquider au moins 50% du premier quota. La garantie de vente revient à Développement Arcomi.
C’est ce qui est mentionné dans le contrat de partenariat. La vente se fait par Internet, un site Web est créé à cet effet. Développement Arcomi est censée trouver des clients à envoyer dans les succursales de la SAQ pour acheter le vin d’Algérie. “Le client doit nous contacter par Internet avant d’aller récupérer le produit dans une agence de la SAQ”, dira encore M. Salem. Trois variétés sont exportées au Canada. Il s’agit du Telagh Média 1998, des Coteaux de Mascara et de la Cuvée du président. Selon des statistiques de la SAQ, les premières exportations de vin vers le Québec donnent le Média, très prisé, en tête des ventes avec 66% de bouteilles vendues, suivi par la Cuvée du président 26,5% et Coteaux de Mascara 7,5%. La clientèle ciblée reste, après le grand public, essentiellement les détenteurs du permis d’alcool, comme les restaurateurs. Dans un premier temps, la condition d’achat est au minimum d’un carton de douze bouteilles d’une même variété.

La réputation du label algérien
Il est établi que le label ONCV a bonne presse au Québec. Sa réputation demeure intacte. Il peut se vendre de nouveau, après une absence de quatre ans. Outre la forte communauté nationale établie au pays de l’Érable, notamment à Montréal, des amateurs de Bacchus pullulent dans les rues des villes québécoises. On les voit s’attabler aux terrasses des restaurants, le soir venu. Il a fallu une année de négociations pour faire revenir le vin d’Algérie sur les étagères de la SAQ. Un projet est présenté dans ce sens à l’ONCV qui était justement sur le point de réfléchir sur le moyen de reconquérir le marché canadien. Pourtant, la concurrence est rude ; plus de 500 variétés de vin issues de 15 pays sont en attente d’entrée sur le marché québécois. Les vins sud-américains, notamment chiliens, arrivent à damer le pion aux produits français qui tiennent toujours la dragée haute. Dans un premier temps, les responsables de la SAQ n’étaient pas chauds à l’idée d’accueillir le produit algérien. “Au départ, la SAQ n’a rien voulu savoir. Pour elle, un produit qui quitte ses étagères ne se reprend plus”, soutient notre interlocuteur. L’ancien partenaire de l’ONCV a été débouté par les tribunaux pour un problème de marge bénéficiaire. C’est pourquoi, aujourd’hui, le relais a été pris par Développement Arcomi qui, pour mieux vendre le produit, compte lancer prochainement une campagne de promotion. Cette opération de marketing sera axée, selon son initiateur, sur une grande dégustation publique en présence de deux œnologues, dont une sommelière algérienne établie à Montréal. Ils vont donner un avis autorisé sur un produit de qualité.

Y. A.


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