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L’expert financier déplore le rythme dépensier excessif de l’état

“L’absence de gestion à l’origine de l’irrationalité”

L’expert financier, Mourad Goumiri, estime que la situation difficile que vit actuellement l’Algérie n’est pas due à une mauvaise gouvernance mais à une “non-gouvernance”. Pour l’économiste, en réalité, il n’existe carrément pas de gestion dans notre pays. Ce qui constitue ainsi l’une des raisons à l’origine de la crise qui secoue le pays. Un brin alarmiste, M. Goumiri, invité hier du Forum de Liberté, avoue que dans ce cas de figure, les “solutions n’existent pas”. Plus explicite, le conférencier précise que les leviers de la rationalité échappent à l’État à cause de l’absence d’une véritable gestion. “De longues décennies durant, l’État a continué à dépenser à tire-larigot sans se soucier de l’avenir des générations futures”. Pour étayer ses dires, cet observateur aguerri de la scène économique du pays rappelle certaines décisions irrationnelles, voire incongrues, prises par les pouvoirs publics sur le plan social qui ont ruiné le pays et conduit à la crise que l’on subit présentement. Il cite, notamment, les subventions abusives et inappropriées de certains produits de large consommation. Le constat peu reluisant établi à ce propos par
M. Goumiri ne laisse aucunement transparaître une quelconque opposition à l’idée de venir en aide aux couches les plus défavorisées du pays. Bien au contraire, il souhaite que cette assistance sociale soit bien ciblée et qu’elle touche exclusivement cette catégorie vulnérable de la société. L’exemple le plus édifiant qui illustre cette démarche économique peu orthodoxe est, selon lui, les dépenses outrancières dans le régime des retraites. “Si l’on continue à ce rythme, il ne restera plus rien pour nos enfants à l’avenir”, déplore-t-il. Sur les quelque 5 000 milliards de dinars imprimés via la planche à billets, plus de 500 milliards de dinars seront affectés aux caisses de retraite. Car, argue-t-il, le gouvernement a accepté de mettre à la retraite des travailleurs âgés de seulement 40 ans qui ont cotisé durant à peine 6 années. Outre le départ massif à la retraite de milliers de fonctionnaires, l’invité de Liberté évoque aussi le fameux FSR (Fonds spécial de retraite) qu’il qualifie de “scandale absolu” qui pèse sur les équilibres des caisses d’assurance et celles de retraite. Ce fonds, faut-il le souligner, a été créé en 1980 au profit des cadres supérieurs de la nation ou des privilégiés de la République. L’autre illustration liée à cette irrationalité, signalée par M. Goumiri, a trait au gaspillage du pain. En effet, il est impératif de relever que dans notre pays, plus de 120 millions de baguettes de pain sont jetées à la poubelle chaque année. Ce qui équivaut à plus de 40 millions de dollars de pertes annuelles enregistrées par le pays. Un montant considérable. Une dépense douloureuse pour l’Algérie ! Or, suggère le Pr Mourad Goumiri, si depuis 1999, on avait augmenté le prix de la baguette de 1 DA chaque année, cela n’aurait pas affecté le pouvoir d’achat du consommateur. “Les citoyens ne sortiraient pas dans la rue pour manifester à cause du pain comme cela a été le cas au Soudan, en Égypte…”, affirme-t-il. Mais après 20 ans, le prix du pain sera augmenté de 20 DA. Si l’on ajoute aux 10 DA pratiqués actuellement, le tarif qu’auraient  affiché les boulangers serait de 30 DA. Un tel niveau des prix aurait forcément contraint les ménages à contrôler davantage leurs achats et éviter de facto le gaspillage. “L’effet prix aurait exercé son pouvoir de correction et antigaspillage”, soutient-il. Le même topo est fait par l’économiste pour les carburants. “Une simple étude effectuée sur un échantillon non exhaustif de conducteurs de voitures empruntant une autoroute révèle que dans plus de 70% de ces véhicules, l’on ne trouve qu’une seule personne. Autant de centaines de litres d’essence ou de gasoil consommées par un nombre réduit de citoyens”, regrette-t-il. Voici donc un autre cas de gaspillage de ressources naturelles trop chères ailleurs, mais dont les prix demeurent insignifiants en Algérie. “L’on se permet ce gaspillage car les tarifs pratiqués sur ces carburants restent dérisoires”, explique M. Goumiri qui propose la même solution que le pain, à savoir des augmentations à doses homéopathiques. Il n’a pas omis de rappeler également les crises successives du lait en sachet qu’ont connues plusieurs régions du pays.


Badreddine KHRIS

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