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A la une / Actualité

Le Dr Mahmoud Boudarène au Café littéraire de Béjaïa

“L’agressivité est devenue la voie privilégiée de résolution des conflits”

Le docteur Mahmoud Boudarène. © D. R.

Le Dr Mahmoud Boudarène, psychiatre de formation, était l’invité du café littéraire de Béjaïa, où il a eu à présenter et à dédicacer son dernier ouvrage, intitulé La violence sociale en Algérie, comprendre son émergence et sa progression. Le thème développé par le psychiatre est tellement important qu’il s’est retrouvé face à un public aussi attentif que curieux, ce qui a donné lieu à un débat riche et fructueux.
Dans son intervention, le Dr Boudarène a tenu d’abord, à préciser que “la violence est devenue banale, ordinaire, dans notre pays. Elle s’est emparée du corps social et est devenue structurelle. Cela doit inquiéter au plus haut point et interpeller la société et les pouvoirs publics, car la loi et l’autorité ne constituent plus un obstacle à la montée de la violence et au passage à l’acte agressif”. Dans son ouvrage, d’ailleurs, l’auteur a souligné, en guise d’introduction, qu’“il est indéniable que notre société est aujourd’hui à bout de nerfs et que les Algériens ont l’agressivité à fleur de peau. Les individus se promènent avec des gourdins dans les voitures, des couteaux dans les poches, des sabres sous les kechabias. Le passage à l’acte violent semble inscrit dans le projet des individus, il est d’une certaine façon prémédité. La violence est là, elle est à l’affût et n’attend que l’occasion pour se manifester. Parce que le dialogue n’est plus possible entre les uns et les autres, l’agressivité est devenue la voie privilégiée de résolution des conflits”. Concernant les raisons de l’émergence de la violence en Algérie, l’ancien parlementaire du RCD impute cela à plusieurs facteurs, notamment “l’histoire tourmentée de notre pays et la violence qui a prévalu durant ces vingt dernières années, la pauvreté grandissante du peuple et les inégalités sociales, l’injustice – la hogra —, la corruption à tous les échelons de la société et dans la sphère du pouvoir…”. À cela s’ajoute, selon l’orateur, “la nature du système politique qui a pris possession du destin national depuis l’indépendance – un système qui bâillonne le citoyen, le prive de sa liberté, entrave son désir de s’organiser et de participer à la construction de l’avenir commun”. Néanmoins, le conférencier estime que “la violence qui a gagné la société algérienne n’est pas une fatalité comme elle n’est d’ailleurs pas un épiphénomène”.
Pour lui, la violence fait écho à celle infligée au citoyen par ses conditions de vie. “Une violence imperceptible qui se confond avec le quotidien de chacun ; une violence qui s’est emparée des êtres et qui leur est devenue familière ; une violence presque normale, ordinaire”, a-t-il ajouté. L’orateur citera, à titre d’exemple, certains phénomènes qui en disent long sur la progression de la violence au sein de la société algérienne, tels les enlèvements et le viol des enfants qui se sont multipliés ces dernières années. “L’irruption de ce type de crime – nouveau dans notre pays, il faut le souligner – n’est pas le fait du hasard. Il est l’arbre qui cache la forêt, et s’il se manifeste aujourd’hui c’est parce que la société est défaite et que les interdits fondamentaux qui garantissent l’ordre social se sont effondrés”, a-t-il expliqué. Avant d’ajouter que “ces comportements sont opportunément facilités par le délabrement de nos institutions et le recul de l’autorité de l’État. Ce sont là les éléments qui contribuent à l’émergence de cette nouvelle forme de violence sociale”.


Kamal Ouhnia

 


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