Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Pour que les réformes économiques soient menées avec efficience

“L’Algérie a besoin de dirigeants crédibles”

Face aux effets néfastes de la crise qui bouleverse le pays, Mourad Goumiri reconnaît que des solutions existent, “pour peu qu’elles soient mises en œuvre et menées par des personnes crédibles”, nuance-t-il. “Vous ne pouvez pas demander au peuple algérien de faire des sacrifices alors que vous êtes cité dans toutes les affaires de corruption de par le monde !”, déclare l’économiste au Forum de Liberté. “Il y a quelques jours, un tribunal italien a condamné un ancien ministre, mais celui-ci continue aisément à animer des conférences dans plusieurs régions du pays”, relève-t-il. “C’est ubuesque !”, commente-t-il. À travers ces déclarations, l’expert veut dire clairement que pour se développer, l’Algérie a besoin d’hommes intègres, des patriotes et compétents. Si les dirigeants du pays veulent demander aux Algériens de se serrer la ceinture, il faudrait qu’ils commencent à le faire d’abord eux-mêmes, soutient-il. “Les solutions aux problèmes économiques sont bloquées dès qu’elles deviennent politiques”, constate-t-il. Il en veut pour preuve cette échéance électorale de l’élection présidentielle  d’avril 2019 qui, selon lui, va structurer toutes les décisions que prendront les dirigeants du pays. En termes plus clairs, rien ne se fera en matière de réformes pour redresser l’économie nationale avant cet événement qui attend tous les Algériens. “Mais à partir du mois de mai prochain, les contraintes extérieures vont s’imposer”, avertit le Pr Goumiri, qui tire d’ores et déjà la sonnette d’alarme : “Nous ne serons pas restructurés de l’intérieur. Nous serons restructurés de l’extérieur.” Il rappellera, à ce propos, la mauvaise expérience vécue par le pays en 1986, notamment le plan d’ajustement structurel, qui, en réalité, affirme
M. Goumiri, ne sert qu’à protéger les bailleurs de fonds. Toutes les conditionnalités exigées pour les prêts ont pour principal objectif de désengager les bailleurs de fonds. C’est de permettre à ces derniers de récupérer leur argent tout en imposant une certaine gestion au pays qui peut être liée à des privatisations, à la fermeture d’usines, à la compression d’effectifs, à l’élimination de dépenses qu’ils jugeront inutiles... “Toutes ces questions vont se poser avec acuité dès la fin de l’élection présidentielle”, indique l’invité du forum de Liberté. À ce moment-là, ce sera la fin de la récréation. Et le pays fera face à la lancinante problématique : comment intégrer l’Algérie dans l’économie mondiale, dans l’Europe et à… l’OMC ? Pourtant, avoue l’expert, des solutions pouvaient être préconisées dans le passé lorsque les caisses du pays étaient pleines de devises. L’Algérie avait cette possibilité de créer des fonds souverains pour racheter les entreprises qui nous fournissaient les produits inscrits sur les listes des importations. Le pays pouvait également racheter des réseaux de distribution de gaz. “Mais en Algérie, il n’existe pas de contre-pouvoir. Seul le président de la République dispose de tous les pouvoirs”, déplore-t-il. La situation est encore plus grave de nos jours car, relève-t-il, “le pouvoir actuel a plusieurs têtes qui ont créé de multiples centres de décision”.


Badreddine KHRIS

ARTICLES CONNEXES


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER