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Le Professeur Salhi Essaïd, hier, au forum de “Liberté”

“L’Algérie doit aller vers les énergies renouvelables”

Le professeur Salhi Essaïd, hier, au Forum de “Liberté”. Louiza/Liberté

Pour l’orateur, les énergies propres sont aujourd’hui la seule transition énergétique possible. En Algérie et ailleurs !

Au moment où l’État dénie aux populations de cerner les enjeux énergétiques et autres, de nombreuses voix s’élèvent en Algérie pour faire entendre leur point de vue. Il en est ainsi du chercheur Salhi Essaïd, professeur à l'École nationale polytechnique d'Alger, qui était hier l’invité du Forum de Liberté. Le thème de sa communication a eu trait à “L’évolution scientifique des énergies renouvelables dans le monde et leurs applications dans la société algérienne”, un vaste programme s’il en est.
Dans son intervention, somme toute, assez fastidieuse, tant les procédés technologiques et les définitions techniques ont pris le pas sur le message à délivrer, nous retiendrons surtout que les énergies renouvelables ne sont pas la priorité de nos gouvernants. L’orateur a expliqué cette carence par un manque de volonté politique patent qu’il illustre notamment par l’absence de panneaux solaires sur les édifices publics. Avec un taux d’ensoleillement parmi les plus importants au monde, il dit ne pas comprendre que l’Algérie ait accumulé autant de retard dans ce domaine. Pour l’orateur, il n’y a néanmoins aucun doute que l’énergie solaire n’est pas la seule “source et ressource” négligée en Algérie. Il y a également l’éolien et la   géothermie, une “énergie propre et inépuisable” qui a l’avantage, selon l’orateur, de ne pas dépendre “des conditions atmosphériques”.
Il évoquera aussi “l’hydrogène pour le transport, un carburant inconnu par les Algériens”. D’après lui, le moteur à hydrogène, bientôt en phase industrielle, fera inévitablement son intrusion dans le monde de l’industrie automobile. C’est pourquoi, le professeur Salhi n’exclut pas “un nouveau choc pétrolier” car, selon lui, les produits raffinés issus des hydrocarbures seront moins demandés dans un futur proche.


De même qu’il citera les piles à combustible,  l’électrolyse, la biomasse ainsi que les divers moyens disponibles de produire de l’énergie comme les déchets ménagers. Il insistera notamment sur “les progrès technico-économiques” réalisés au fil des découvertes scientifiques.
Il faut dire que notre chercheur a une idée plutôt bien arrêtée sur la question : “Pour une nation qui se respecte, l’énergie fossile ne doit plus être une priorité. Les énergies renouvelables sont aujourd’hui la seule transition énergétique possible !” Et d’affirmer du haut de sa tribune ses convictions, “en tant que citoyen et scientifique”, précise-t-il. Ce qui chiffonne le plus notre chercheur est que les Algériens son devenus des “suivistes” dans le domaine des énergies renouvelables.
“On continue à attendre le clé en main”, s’insurge-t-il. En matière d’efforts intrinsèques, notre recherche scientifique semble, à l’en croire, avoir perdu de sa substance. “C’est beaucoup pour l’Algérie. Face aux difficultés bureaucratiques de toutes sortes, nos chercheurs piétinent”, reconnaît-il, enfin.
Une enseignante en architecture bioclimatique, aujourd’hui à la retraite, a apporté, à ce sujet, son témoignage. “Le problème de l’Algérie est qu’on commence et on ne finit jamais ! En 1979, nous avions réalisé avec l’Onu et l’ex-Office de recherche scientifique (ONRS) un village solaire intégré à Boussaâda. Nous étions pionniers dans l’énergie solaire. On était au même niveau que les Français en termes de production d’idées. Seulement, le talon d’Achille de l’Algérie est que dès qu’un directeur change, le projet tombe à l’eau.” En réalité, et tout le monde en convient, notre universitaire a soulevé un problème éminemment… politique. Pour les différents intervenants, avec la disparition des énergies fossiles, notamment le gaz et le pétrole, il n’y a plus d’autres alternatives que d’aller chercher de nouvelles sources et ressources énergétiques. Mais comment ? Sachant que l’exploration du gaz de schiste dans le Sud déchaîne actuellement les passions ?
À ce propos, l’orateur considère que le cordon ombilical qui liait les populations aux gouvernants est désormais rompu. En tant qu’expert, il demande à être rassuré sur un point précis se rapportant notamment à la fracturation hydraulique. “Qu’on m’explique comment va-t-on décontaminer l’eau infectée par les produits chimiques !” À cette question, le Forum de Liberté est resté véritablement sur sa faim…


M.-C. L.

Publié dans : forum,Salhi Essaïd

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