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Zone Arabe de Libre-Échange (Zale)

L’Algérie victime de ses accords

L’Algérie n’aura pas tiré avantage des régimes commerciaux préférentiels avec les pays de la Zale.

L’Union des chambres arabes a mis en ligne, il y a quelques semaines, un questionnaire électronique portant sur la sécurité alimentaire et les contraintes qui entravent le commerce bilatéral entre les pays arabes dans le cadre de la grande Zone arabe de libre-échange (Zale). Les résultats de ce questionnaire, destiné aux opérateurs économiques algériens, permettra à coup sûr de faire le point sur l’adhésion de notre pays à cette organisation économique et le bilan qu’on peut en tirer.
En effet, l’Algérie est membre de la grande Zone arabe de libre-échange depuis 2009, année de l’entrée en vigueur de la convention qu’elle a signée en 2001 avec les pays composant cet espace commercial. L’adhésion de l’Algérie à la Zale avait pour but d’augmenter les échanges de l’Algérie avec les pays arabes pour les produits qui présentaient une certaine compétitivité de prix, mais dont l’entrée sur le territoire était handicapée par les taxes et droits de douane.
Cette adhésion à la grande Zone arabe de libre-échange devait offrir de nouveaux débouchés aux exportateurs algériens. Mais ces derniers ont vite déchanté après l'entrée en vigueur de cet accord en constatant que la circulation des biens n'est valable que dans un seul sens. Les pays arabes mettent en place des barrières non tarifaires, quand bien même on dit qu'il y a une zone de libre-échange, que les produits peuvent circuler plus librement.
La Zale, de même que l’Accord d’association avec l’UE ont fait disparaître les pratiques de régulation des importations au moyen des droits de douane. Cela fait perdre de l’argent aux pays qui ne sont pas tournés vers l’exportation, comme l’Algérie. Par ailleurs, la Zale n’a pas permis une réelle dynamisation de la coopération interarabe voulue par la Ligue arabe.
L’Algérie aura rencontré, dans l’espace commercial interarabe, des problèmes classiques comme ceux liés à l’origine réelle des produits appelés à bénéficier de la préférence commerciale. L’accord en question qui a facilité les échanges, a permis surtout de gonfler les importations de l’Algérie en provenance des pays arabes.
Ainsi, l’Algérie n’aura pas tiré avantage des régimes commerciaux préférentiels avec les pays de la Zale. Ses flux commerciaux s’y sont contractés, engendrant des déficits importants en 2015. Le déficit se produit, en fait, de la même manière, ou presque, qu’avec l’Union européenne, un ensemble régional avec lequel l’Algérie est liée par un accord d’association.
Pour l'Algérie, le volume des échanges avec les pays de la Zale, a représenté, en 2015, un montant de 4,8 milliards de dollars, soit seulement 4,2% de ses échanges à l'international.
Durant cette même année, les échanges commerciaux de l'Algérie ont été marqués par un déficit, contrairement à 2014 où la balance commerciale de l'Algérie avec la Zale avait affiché un excédent de plus d'un milliard de dollars. L'année 2015 a été caractérisée par un déficit de 351 millions de dollars avec la Zale, ce qui représente une baisse de 40% comparativement à une année auparavant.
En janvier 2016, le ministre du Commerce de l’époque, feu Bakhti Belaïb, avait annoncé que ses services étaient en train d’évaluer l’ensemble des accords signés avec les partenaires de l’Algérie, et à la lumière de ces bilans, la partie algérienne envisagerait de voir avec ses partenaires quels sont les ajustements qu’il va falloir introduire.
“Si le bilan d’un accord d’association conclu avec un ou des pays ne s’est pas déroulé selon les promesses pour lesquelles il a été conclu, il est, à ce moment-là, du droit d’une des parties de se retirer”, avait-il affirmé, ajoutant : “Nous avions oublié de signer ces accords avec des pays dont les marchés offrent plus d’opportunités à la production nationale”, en référence aux pays africains limitrophes plus à même de donner une chance à la production nationale d’être promue.

Saïd Smati


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