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Bachir Halimi, fondateur de plusieurs entreprises canadiennes

L’Algérien qui a vendu des technologies brevetées à Microsoft

©D.R.

L’informatique, qu’il ne connaissait pas du tout, lui permettra de percer dans le monde de l’entreprise avec le succès qui est le sien. 

L’homme est un entrepreneur né. Bachir Halimi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, cumule les réussites professionnelles et entrepreneuriales. Envoyé par Sonatrach en 1975 pour des études en informatique au Canada, un domaine qu’il ne connaissait pas, dit-il, même s’il était un bon matheux élémentaire, le jeune Halimi, originaire de M’daourouch, dans l’Est algérien, a été presque “contraint” de rester au pays de l’Érable pour un problème bureaucratique lié au renouvellement du passeport. 
Alors qu’il terminait son mémoire de maîtrise à l’université de Montréal, Halimi a dû chercher un emploi pour financer ses études, puisque la bourse lui a été coupée pour avoir manqué un semestre à cause du retard mis dans le renouvellement du passeport. Or, pour pouvoir travailler au Québec, il fallait être résident permanent. “Voilà comment je me suis installé au Canada”, a-t-il affirmé. Et depuis, plusieurs entreprises seront créées par le jeune informaticien qui tient à expliquer sa démarche ainsi : “Moi, quand je démarre une entreprise, c’est qu’il y a une opportunité d’affaire.” “Les compagnies que j’ai créées ici n’ont pas été créées pour le marché canadien. Au départ, elles ciblaient essentiellement les pays arabes. Mais tout le développement et la recherche ont été faits au Canada”, déclare-t-il. 
L’informatique, qu’il ne connaissait pas du tout, lui permettra de percer dans le monde de l’entreprise avec le succès qui est le sien. “J’étais subjugué par cette science qui nous permet de faire faire des choses à des machines”, avoue-t-il. M. Halimi dit aimer beaucoup la calligraphie arabe. D’où son intérêt pour la calligraphie sur ordinateur. “J’ai commencé par développer un algorithme que j’ai d’ailleurs breveté”, affirme notre interlocuteur qui a rejoint en tant que programmeur le laboratoire d’un professeur pakistanais à Montréal. “On a lancé la première machine arabe-français. J’ai moi-même dessiné les lettres avant de les fabriquer en Syrie. On a conçu la première machine de télex”, révèle-t-il. 

Premier traducteur automatique 
L’avènement des machines cathodiques, car, avant, tout était imprimé sur du papier uniquement, allait bouleverser le développement des technologies informatiques. Pour la première fois, on pouvait lire un texte sur un écran, comme une télé. En 1981, Bachir Halimi démarre sa première entreprise, Alis Technologies (Arabic latin Information systems), un leader mondial en systèmes informatiques multilingues et en traduction automatique. Sa maîtrise de l’informatique et des langues orientales lui a permis de concevoir et breveter un nouvel algorithme pour afficher et imprimer des textes de droite à gauche. La technologie d’Alis a été vendue, en 1986, avec une licence illimitée au géant Microsoft qui, après avoir lancé son premier PC quatre ans plutôt, a voulu pénétrer le marché arabe. Surtout qu’à cette époque, le royaume d’Arabie Saoudite avait décidé de généraliser l’usage de la langue arabe. “Pour moi, ce fut une reconnaissance ultime ; car Microsoft avait déjà le vent dans les voiles. Tous les PC destinés pour les pays du Moyen-Orient étaient dotés de notre technologie”, explique M. Halimi, qui dit avoir travaillé avec l’Algérie, une expérience malheureuse pour lui. “Chez nous, je me suis frotté à la lourdeur bureaucratique de l’administration”, déplore-t-il. En 1987, l’informaticien de M’daourouch fonde MediaSoft Télécom, une compagnie spécialisée dans les logiciels de communications interactives. Le nouveau produit de serveurs vocaux dévoilé pour la première fois lors d’une foire à Atlanta, aux États-Unis, a été salué par la presse spécialisée. MédiaSoft Télécom sera classée parmi les “Top 50 Fastest Growing Compagnies in Canada”. Ses produits ne tarderont pas à gagner la confiance des compagnies de télécoms et des intégrateurs de systèmes à travers le monde, dont France Telecom, Bell Canada, etc. “Les grands joueurs du monde utilisent notre plateforme. C’est ma plus grande satisfaction”, se félicite Bachir Halimi pour qui l’aspect financier n’était pas sa plus grande préoccupation.   

Partenariat avec Intel
Alors que les représentants de MédiaSoft Télécom étaient en négociations pour une fusion avec d’autres partenaires canadiens, Intel entre en scène. En octobre 1999, le géant américain des microprocesseurs réalise un investissement stratégique dans la compagnie de Bachir Halimi. Galvanisée par ce partenariat, MédiaSoft Télécom fusionne avec l’intégrateur québécois Prima Télématique ; une alliance qui, en 2000, donnera naissance à Elix, une entreprise qui se spécialisera dans les communications d’affaires interactives. L’affaire a tâtonné un peu à cause du bug informatique de l’an 2000. 
Autant dire que la fusion n’a pas fonctionné comme souhaité au départ. Pourtant, selon son cofondateur, Elix a eu de gros clients, comme Air Canada, Visa, les gouvernements du Québec et du Canada, etc. Avant de céder l’entreprise au câblodiffuseur Bell Canada, Bachir Halimi lance Excendia, une boîte de solutions de téléphonie intelligente et de mobilité sécuritaire. Le produit a déjà été déclaré “Produit de l’année” en 2001. “J’ai développé un système téléphonique de demain pour le rendre intelligent. Par exemple, si vous appelez au bureau un dimanche (le week-end, ndlr), le téléphone est censé savoir que c’est fermé. Ce système virtuel intégré répond aux besoins des gens d’affaires dynamiques qui ont aujourd’hui peu de temps. On peut accéder au téléphone du bureau à partir de la voiture ou à partir du restaurant grâce à des applications appropriées”, fera-t-il remarquer. Tout en restant actionnaire dans Excendia, M. Halimi fondera en 2012 Speech Mobility, une société de logiciels télécoms, pour commercialiser la nouvelle génération du système téléphonique en nuage propulsé par une assistante virtuelle vocale. “Le produit est maintenant prêt à être commercialisé, surtout que le potentiel est énorme”, révèle notre interlocuteur qui intervient souvent dans les forums mondiaux en tant que conférencier sur les innovations technologiques, notamment la convergence de l’informatique et des télécommunications. Ses entreprises ont déposé plusieurs brevets et propositions de normes pour des technologies commercialisées sous licence par Microsoft, Intel et IBM. 


Y. A.  



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